Le projet Covalo Hauts-de-France est un dispositif innovant qui repose notamment sur un paiement pour services environnementaux (PSE) calculé à partir de l’indice de régénération de l’association PADV, permettant aux agriculteurs d’être rémunérés selon les pratiques mises en œuvre sur leur exploitation.
76 euros par hectare : c’est le montant moyen versé aux 85 agriculteurs des Hauts-de-France qui bénéficient du paiement pour services environnementaux (PSE) régénératif du programme Covalo, soit 14 200 euros par exploitation. Porté par l’association Pour une agriculture du vivant (PADV), le projet Covalo Hauts-de-France vise à accompagner financièrement des agriculteurs qui souhaitent s’engager dans des pratiques agroécologiques, avec comme objectifs principaux la préservation des sols et de la qualité de l’eau.
Le projet Covalo allie des fonds publics et privés
Le dispositif réunit autour des agriculteurs l’ensemble des acteurs concernés par la transition agroécologique : coopératives, industriels, distributeurs, financeurs et pouvoirs publics. Le projet Covalo allie des fonds publics et privés. Il se traduit notamment par la mise en place d’un PSErégénératif, présenté comme le premier du genre en France. Celui-ci est financé par l’Agence de l’eau Artois-Picardie sur cinq ans, à hauteur de 1,2 million d’euros par an. L'ensemble du dispositif repose sur une seule clé d’entrée pour l’agriculteur : l’indice de régénération. Une fois calculé, il lui donne accès à différentes choses.
« Cet outil bénéficie d’une reconnaissance scientifique et permet à la fois un diagnostic rapide des exploitations, ainsi qu’un suivi dans le temps de leur progression en matière d’agroécologie », avance Anne-Laure Rioualec, responsable des programmes collectifs d’innovation, chez Pour une agriculture du vivant (PADV). C’est sur cette base que la rémunération du PSE est calculée. « Il s’adresse aussi bien à des agriculteurs qui sont déjà engagés dans cette voie qu’à ceux qui en sont aux prémices et qui souhaitent aller plus loin », précise-t-elle.
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Une rémunération liée aux services environnementaux rendus
Les pratiques encouragées visent à améliorer différents services écosystémiques, parmi lesquels la qualité de l’eau, la réduction de l’érosion ou encore la baisse de l’usage des produits phytosanitaires.
Concrètement, les exploitants engagés bénéficient d’un diagnostic de leur ferme grâce à l’indice de régénération (IR) développé par PADV. Les indicateurs suivis sont : le travail du sol, la fertilisation azotée, la couverture du sol, l’utilisation des produits phytosanitaires, la biodiversité (IAE). Le score minimal requis pour bénéficier du PSE est fixé à 40/100. La rémunération s’élève à 26 €/ha par indicateur pour la création d’un nouveau service environnemental et à 14 €/ha pour son maintien.
D’autres projets de PSE sur les rails dans les Hauts-de-France
Deux collectivités du Nord vont prochainement lancer leur PSE avec l’indice de régénération. Il s’agit de la Métropole européenne de Lille et de Douaisis agglo. Notre objectif à PADV est de faire émerger un maximum de PSE dans les territoires avec une pondération des indicateurs en fonction des objectifs visés. On souhaite aussi que des acteurs privés, en dehors des filières agricoles, puissent s’approprier cet outil. Les agriculteurs ont besoin qu’on rémunère cette transition agroécologique.