Reprise de Bretagri Case IH par Emil Frey : pourquoi ce géant de l’automobile se lance-t-il dans le matériel agricole ?

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Reprise par le groupe suisse Emil Frey, la concession Case IH Bretagri emploie une cinquantaine de personnes et réalise un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros. Crédits : © Bretagri

Les établissements Bretagri, concessionnaires Case IH en Ille-et-Vilaine, viennent d’être rachetée par la filiale française du groupe suisse Emil Frey. La rédaction de Réussir Machinisme a pu s’entretenir avec Hervé Miralles, le président de cette structure spécialisée dans l’automobile, qui explique les raisons de cette diversification dans le machinisme agricole et dévoile ses ambitions. 

Le groupe suisse Emil Frey, qui vient d’acquérir la concession Bretagri Case IH par l’intermédiaire de sa filiale française, est un mastodonte dans le secteur de l’automobile. Sur son site internet, il annonce notamment détenir 266 concessions en France, distribuer 29 marques et importer trois marques automobiles (Mitsubishi Motors, Subaru et TVS). Il dispose également du réseau Autosphère, ainsi que de cinq plateformes de distribution de pièces de rechange automobiles. En 2022, ce géant, qui emploie plus de 10 000 personnes, a vendu, en France, 227 554 véhicules neufs et d’occasion et réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 4,9 milliards d’euros. 

Ne pas tout miser sur l’automobile

« La diversification est un axe majeur de notre stratégie AERO 2025. Notre activité était exclusivement basée sur l’automobile et nous avons déjà intégré les secteurs de la moto, des pièces de rechange et du véhicule industriel. Le machinisme agricole constitue une nouvelle étape majeure. Nous sommes experts de ce qui roule et nous restons ainsi dans un domaine proche », précise Hervé Miralles, président du groupe Emil Frey France, Belgique et Luxembourg. La reprise de Bretagri, une société qui réalise 30 millions d’euros de chiffre d’affaires, constitue le premier pas dans les agroéquipements pour l’investisseur, qui a de grandes ambitions. « Comme dans l’automobile, nous avons la capacité dans l’agricole à intégrer toute la chaîne d’affaires. »

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Des acquisitions à venir dans le quart nord-ouest 

Hervé Miralles, président du groupe Emil Frey France, Belgique et Luxembourg
Hervé Miralles est le président du groupe Emil Frey France, Belgique et Luxembourg.

« Notre partenariat avec Case IH ne fait que démarrer et de nouvelles annonces auront lieu en 2024. » En revanche, Hervé Miralles ne donne pas d’informations sur les prochains développements dans le domaine agricole, mais il ne nie pas qu’ils auront lieu dans le quart nord-ouest et pourquoi pas en Bretagne. « Alors que nous venons de reprendre Bretagri, dont le siège est en Ille-et-Vilaine, il serait surprenant que notre prochaine acquisition ait lieu à Aix-en-Provence », sourit-il. La concession qui vient d’être rachetée à ses fondateurs, Pierre Delourmel et Jaques Beaudouin, compte trois sites : Saint-Gilles (35), Cossé-le-Vivien (Mayenne) et Val-d’Oust (Morbihan). Elle emploie une cinquantaine de personnes et commercialise 800 matériels par an.

Proposer de vrais projets de carrière aux salariés

Eric Gérard, Directeur Business Unit Agricole pour le groupe Emil Frey France
Fort d'une expérience de plus de 20 ans dans le machinisme agricole, Eric Gérard a rejoint le groupe Emil Frey France au poste de directeur des activités agricoles. 

Interrogé sur la difficulté à recruter des salariés dans le domaine de la machine agricole, et notamment des techniciens, le président d’Emil Frey France est bien conscient du problème, car il le rencontre également dans l’automobile et le poids lourd. « Nous devons donner envie aux jeunes de nous rejoindre en leur proposant de vrais plans de carrière. Et nous en avons les moyens, vu la taille de notre groupe, qui permet aux salariés d’évoluer au sein de nos entreprises et même de changer de métier », indique-t-il. « Nous devons davantage communiquer envers les étudiants et aller les rencontrer dans les lycées, poursuit Eric Gérard, directeur de la business unit agricole pour la filiale française du groupe suisse. Les techniciens en machinisme agricole font un métier riche où l’on répare encore et il est important de le faire savoir. » La puissance d’Emil Frey France est telle que cette structure possède sa propre école des métiers de l’automobile. Fera-t-elle de même dans le machinisme agricole ? Affaire à suivre. 

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<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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