Les récentes déclarations du ministre de l’Agriculture n’ont pas
rassuré les agriculteurs sur l’avenir des soutiens à l’herbe et de la
PHAE (Prime herbagère agro-environnementale). C’est ce qui est ressorti
de la recontre que la FDSEA et les JA ont organisé la semaine dernière
avec les parlementaires cantaliens. Conduite par Patrick Escure,
président de la FDSEA, Patrick Bénezit, président du Berceau des races
à viande et Gilles Amat, président des JA d’Auvergne, la délégation
s’est aussi inquiétée auprès des élus du projet de loi sur l’eau. “Deux
choses nous inquiètent”, résume Patrick Bénezit. La pérennité d’abord
d’un financement exclusivement national de la PHAE. Mais, surtout, les
perspectives d’évolution du cahier des charges de la mesure.
“Une mesure à l’identique, et rapidement”
“Le ministre nous promet un dispositif “le plus proche possible” de la
PHAE actuelle. Ce qui ne correspond pas du tout aux projets qui
circulent et à ce qu’on entend dans les couloirs du ministère”,
souligne le président du Berceau des races à viande. Il craint en fait
que le nouveau cahier des charges pénalise fortement les zones
herbagères en excluant une grande partie des éleveurs du bénéfice des
soutiens à l’herbe du fait des règles draconiennes qu’il imposerait :
diminution de 30 % de la fertilisation azotée en tenant compte des
déjections animales, tenue d’un cahier de pâturage, interdiction
d’utiliser des débroussaillants... “Pour nous, il n’y a plus lieu de
négocier comme le propose le ministre de l’Agriculture : on veut un
cahier des charges à l’identique, et rapidement car on sait bien que,
sinon, ses promesses resteront lettre morte. Il faut que le
gouvernement se débrouille pour obtenir sa reconduction auprès des
instances européennes”, assène Patrick Bénezit, pour qui les jeux sont
loin d’être faits.
Inquiétudes vis-à-vis du projet de loi sur l’eau
La rencontre avec les parlementaires a également permis d’évoquer les
inquiétudes que suscite le projet de loi sur l’eau. FDSEA et JA
refusent en particulier que les éleveurs du Massif central soient taxés
au titre d’une redevance pollution de la même manière que les zones
d’agriculture intensive. L’examen du projet en première lecture par
l’Assemblée nationale a toutefois permis d’amender le texte, “mais pas
encore suffisamment à notre goût”, ont expliqué les responsables
syndicaux aux députés et au sénateur cantaliens, en s’indignant que le
gouvernement veuille d’un côté réformer la PHAE en diminuant fortement
les apports d’azote et institue d’autre part une redevance azote. Ils
ont demandé aux parlementaires de rester vigilants et mobilisés sur ce
dossier.
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