Message :« Eau secours » : le cri d'alarme de Limagrain pour une gestion de l'eau pilotée par Matignon

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Durant toute la durée du Sommet de l'Élevage, Limagrain a porté le message pour une politique de gestion de l'eau depuis Matignon. Crédits : © Mélodie Comte

Au Sommet de l'Élevage, la coopérative auvergnate a lancé l'opération « Eau secours » où elle appelle à une stratégie nationale de l'eau portée par Matignon.

L'image est signée Limagrain. Des pin's « Eau secours » accrochés aux vestes du Sommet de l'Élevage, une pétition d'agriculteurs à déposer sur le bureau des décideurs. Derrière cette communication, la conviction chevillée au corps de la coopérative auvergnate qu'une politique de gestion de l'eau doit vite, très vite, se décider. « Ce qu'on attend aujourd'hui, c'est du concret », lance Sébastien Vidal, président de Limagrain, qui appelle à ce que le sujet soit désormais « saisi au niveau national et a minima au niveau du Premier ministre ».

Une gestion par Matignon, plutôt qu'à plusieurs ministères

Eau potable, alimentation, industrie, énergie, loisirs. « On ne peut pas attribuer ce sujet-là à un seul ministère », plaide-t-il, réclamant une « vraie stratégie pour les 30 ou 40 prochaines années ». Le président du premier semencier mondial prend pour modèle le Général De Gaulle et ses grands plans qui ont fait naître les barrages de Serre-Ponçon et de Naussac. « Sans ces infrastructures, on rencontrerait de très grosses difficultés d'approvisionnement », assène-t-il.

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Le schéma imposé par le dérèglement climatique est déjà posé : plus d'eau en hiver, moins en été. « Si on continue de traiter ce problème à la petite semelle, dans dix ans des entreprises auront quitté la France », prévient-il, fustigeant une politique qui « préfère interdire et restreindre au lieu de trouver des solutions ».

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L'enjeu est d'abord économique. Sur les petites exploitations du Puy-de-Dôme, « il faut de l'eau parce qu'il faut sécuriser les cultures qui apportent un vrai revenu ». Pas un combat corporatiste pour autant, le président de Limagrain appelle au multi-usage et « au profit de l'intérêt général ». Limagrain n'a d'ailleurs pas attendu le Sommet de l'Élevage pour porter ce discours. Dans la région, la coopérative semble bien seule si ce n'est à le porter, à le défendre. Pourtant, au club eau de la Chambre de Commerce et d'Industrie, Constellium, Volvic ou encore Michelin travaillent le sujet, mais « peut-être que les entreprises devraient prendre plus la parole ».

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Un bouquet de solutions plutôt que des retenues mono usage

Plutôt que des retenues quasi mono usages comme Saint-Soline, Limagrain défend un bouquet de solutions comprenant des barrages certes mais aussi des retenues collinaires, des anciennes carrières reconverties ou encore le développement de la réutilisation des eaux usées. « C'est loi d'être un sujet simple mais d'autres pays, comme Israël, y parviennent parfaitement, alors pourquoi pas nous ? »

Le président de Limagrain salue malgré tout « un vrai soutien de l'État » via la préfecture, mais attend que Région et Département « montent d'un cran » et n'aient « pas peur d'évoquer le terme de barrage ». À l'heure où les candidats à la présidentielle arpentent villes et provinces, l'appel est sans équivoque. « L'eau doit devenir un des sujets de leur programme. »

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