Dans la Marne, la communauté de communes de la région de Suippes et l'agence de l'eau Seine-Normandie ont signé le 3 novembre un nouveau contrat de territoire pour sécuriser la ressource en eau et préserver son utilisation agricole.
Située dans la Marne, entre Châlons-en-Champagne et Reims, la communauté de communes de la région de Suippes et l'agence de l'eau Seine-Normandie ont signé le 3 novembre un nouveau contrat de territoire pour préserver les ressources utilisées pour l'alimentation en eau potable de 16 communes et près de 7 800 habitants.
De 2027 à 2031, un programme prévisionnel de 770 000 € permettra d'accompagner les agriculteurs situés sur les aires de captage dans l'évolution de leurs pratiques pour réduire les pollutions à la source, renforcer la protection des captages et réduire les prélèvements face au changement climatique.
L’évolution des pratiques agricoles constitue le principal levier de reconquête de la qualité des eaux souterraines dans ce territoire de grandes cultures où sept captages sont à protéger. À Suippes, 19 exploitations agricoles participent à un réseau de mesure des reliquats azotés couvrant 650 hectares, soit 59 % de la surface agricole de l'aire d'alimentation du captage. À Sommepy-Tahure, 21 exploitations sont mobilisées sur 909 hectares, représentant 71 % de la surface agricole concernée. En tout 1 559 hectares sont suivis pour mieux maîtriser l'azote.
À Suippes, trois agriculteurs expérimentent également des pratiques de désherbage mécanique pour réduire l'utilisation d'herbicides. Accompagnés par la chambre d'agriculture de la Marne, ils évaluent leur efficacité et leurs conséquences économiques afin d'identifier des solutions reproductibles.
14 % de cultures à bas niveau d'intrants visés d'ici 2031 sur les aires d’alimentation de captage
Les signataires expliquent que le contrat encourage parallèlement le développement de cultures à bas niveau d'intrants, de l'agriculture biologique et des prairies. Sur l'aire d'alimentation du captage de Suippes, les surfaces recensées en luzerne, chanvre et miscanthus sont passées de près de 66 à 97 hectares entre 2022 et 2024 ; 14 % de cultures à bas niveau d'intrants sont visés d'ici 2031 sur les aires d’alimentation de captage.
Un dispositif de paiements pour services environnementaux est prévu
Pour accompagner ces évolutions, 340 000 € sont prévus pour préparer et déployer un dispositif de paiements pour services environnementaux destiné à rémunérer les pratiques agricoles favorables à la qualité de l'eau. Une stratégie foncière sera également développée pour favoriser des usages compatibles avec la protection des captages.