Protection des captages d’eau : « jusqu’à 3 millions d’hectares menacés ! », déplorent les organisations agricoles

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Les préfets seraient amenés à définir des actions exigeantes sur les zones les plus contributives concernant 2 à 4% de la surface agricole utile française, estime le ministère de la Transition écologique. Crédits : © C. Slagmulder/Inra

Le projet de décret pour réformer la gestion des captages d’eau devrait impacter fortement les agriculteurs situés sur les aires d’alimentation des captages prioritaires et non exonérés, s’inquiètent la FNSEA, les Jeunes agriculteurs et leurs organisations spécialisées.

« Captages : jusqu’à 3 millions d’hectares menacés ! Avec ce projet de décret, le gouvernement fait peser de nouvelles contraintes sur les terres agricoles et fragilise nos exploitations ». Ainsi a réagi l’AGPB (association générale des producteurs de blé) le 13 octobre, suite à la présentation du texte sur la réforme de la gestion des captages d’eau au groupe national captages.

Ce décret d’application de la loi d’urgence agricole prévoit un nouveau classement des captages d’eau. Il devrait être mis en consultation d’ici fin octobre 2026 pour une publication au plus tard en décembre 2026. Ce texte devrait conduire à définir 1400 captages d’eau prioritaires et 1700 captages d’eau non exonérés. Les préfets seraient amenés à définir des actions exigeantes sur les zones les plus contributives concernant 2 à 4% de la surface agricole utile française, estime le ministère de la Transition écologique.

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Des orientations « particulièrement engageantes pour les agriculteurs », dénoncent la FNSEA et les JA

Pour la FNSEA et les Jeunes agriculteurs, « les orientations réglementaires envisagées sont particulièrement engageantes pour les agriculteurs ». « Les seuils proposés pour déclencher les restrictions (80% de la norme d’eau potable pour les captages non exonérés et 90% de la norme d’eau potable pour les captages prioritaires, ndlr), l’insuffisant ciblage des mesures et leur durcissement immédiat vont conduire à une véritable décroissance agricole », déplorent les deux syndicats agricoles dans un communiqué. 

Lire aussi : Vers deux fois plus de captages d’eau protégés : quelles conséquences pour les agriculteurs ?

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Interrogations autour du financement des transitions agricoles

« Ils pourraient remettre en cause l'existence même de filières stratégiques localement, qui structurent l'activité économique de nombreux bassins de production », ajoutent-ils. Par ailleurs, les Jeunes agriculteurs et la FNSEA s’interrogent sur la réalité des financements qui seront mobilisables et leur origine pour aider les agriculteurs à répondre aux transitions demandées sur ces zones de captages. « Les efforts demandés aux agriculteurs ne peuvent être financés par redéploiement des budgets agricoles existants, notamment de la PAC, dont la vocation est d'assurer la pérennité économique des exploitations et d'accompagner la production », écrivent les deux syndicats.

Le 12 octobre, le gouvernement a présenté lors du groupe national captages ses estimations de coûts et pistes de financement pour la réforme des captages d’eau. Le coût total de la réforme est estimé entre 400 et 650 millions d’euros par an, selon nos confrères d’Agra Presse qui ont eu accès au document de présentation. 

Lire aussi : Aires de captage d’eau : la Fnab appelle à généraliser l’agriculture bio pour les sécuriser

Jusqu’à 530 millions d’euros par an nécessaires pour accompagner les pratiques agricoles

Les coûts d’accompagnement au changement de pratiques agricoles sont estimés à 180 à 330 millions d’euros par an, avec une « montée progressive sur cinq ans », pour les zones les plus contributives des captages prioritaires (ZPC). Concernant les aires d’alimentation de captages non exonérés, dont les captages prioritaires mais hors ZPC, le coût d’accompagnement au changement de pratiques est estimé entre 100 et 200 millions d’euros par an, « avec une montée progressive sur huit ans des interventions des collectivités ». Pour l’heure, les financements actuellement mobilisés sont de 210 millions d’euros.

Lire aussi : Eau : pourquoi la FNSEA a-t-elle quitté la réunion du Groupe national captage ?

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