Marché des oléagineux : les prix du tournesol et du soja flambent, les semis de colza sont en chute libre

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Sur la campagne 2026-2027, le marché français des oléagineux est tendu en tournesol et soja, en raison de faibles disponibilités liées à la mauvaise récolte 2026. En colza, la campagne commerciale est bien avancée. Concernant la campagne 2027-2028, les surfaces de colza s’annoncent en forte de baisse en raison des difficultés de semis et de levées de la culture.

En France, les quatre premiers mois de la campagne commerciale 2026-2027 sont caractérisés par une flambée des prix en tournesol et soja, et une grande volatilité des prix du colza. Si les productions 2026 de tournesol et de soja ont été amputées par les températures caniculaires et la sécheresse, cette dernière a également mis à mal les semis de colza.

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Le tournesol français ne cesse de renchérir, sur un marché peu liquide

Le prix de la graine de tournesol en France grimpe de semaine en semaine depuis le début de la campagne 2026-2027, en lien avec la faible récolte de l’année. La production 2026 est estimée entre 1 million de tonnes (Mt) par les opérateurs et 1,2 Mt par Agreste, loin des 1,4 Mt collectées l’an dernier. Dans ce contexte, le marché est très demandeur mais peu offert.

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Alors que les triturateurs hexagonaux sont bien couverts pour la période octobre-décembre, on enregistre de petites affaires sur la période janvier-mars dans le Sud-Ouest. Dans le Sud-Est, il y a peu de vendeurs. Dans le Nord-Est, l’activité est également restreinte.

Un marché français du tournesol acheteur mais peu vendeur

Le marché français est de fait peu liquide, les organismes stockeurs voulant sécuriser des volumes pour assurer l’activité des usines de trituration françaises sur la seconde partie de la campagne. De plus, les industriels européens se tournent vers le marché hexagonal, à défaut de pouvoir s’approvisionner en origine Ukraine. Et ce, malgré la baisse des prix des marchandises produites dans ce pays.

Si l’Ukraine a enregistré une bonne récolte, elle est en effet confrontée à des problèmes de logistique qui l’empêchent d’exporter son stock d’huile de tournesol principalement, mais également de colza et de soja – ce qui pèse sur les prix du complexe oléagineux sur son marché domestique.

En colza, les collecteurs et agriculteurs sont déjà bien engagés

Les prix de la graine de colza sur le marché à terme européen (Euronext) et, par ricochet sur le marché physique français, évoluent dans le sillage de la cotation de la graine de soja états-unienne sur le CBOT. Ce dernier étant principalement influencé par les cours du pétrole, qui joue au yo-yo dans le contexte de crise énergétique provoquée par la guerre menée par les États-Unis en Iran.

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Sur la campagne de commercialisation 2026-2027, le marché est calme, faute d’acheteurs. Les usines de trituration françaises sont couvertes jusqu’à fin décembre. De plus, les organismes stockeurs et les agriculteurs sont déjà bien engagés sur la campagne actuelle. Côté exécution des contrats, la persistance des basses eaux sur le Rhin et la Moselle ne facilite pas la logistique dans l’Est.

Des importations, via les Pays-Bas notamment, sont programmées sur janvier-février 2027, ce qui pourrait peser sur les prix français. L’importation de colza par l’Union européenne devrait augmenter 7 % en 2026-2027 pour répondre à la demande, selon le FAS-USDA. De fait, la production européenne de colza est projetée en baisse de 5 %, à 19,7 Mt. Globalement, malgré la hausse de 7 % de la superficie plantée, la production de graines oléagineuse (colza, tournesol et soja confondus) est attendue en baisse de 1 % à 32,25 Mt dans l’Union européenne. En revanche, en France, sa production a progressé de 1,7 % par rapport à l’an dernier (4,736 Mt en 2026 contre 4,655 Mt en 2025, selon Agreste).

Une récolte 2027 déjà amputée par une baisse drastique de la surface emblavée

Pour la campagne 2027-2028, on commence à estimer la proportion des parcelles non semées ou retournées, qui varie beaucoup d’une région à l’autre et parfois au sein même d’une parcelle. En cause, le manque de pluie au moment des semis et de la levée, et la pression des adventices (repousses et mauvaises herbes) et des ravageurs (punaises, altises, pucerons et limaces) qui a été particulièrement néfaste au bon développement des plantes en ce début de cycle cultural.

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Les premières estimations, non officielles, font état d’une baisse de la surface emblavée en 2026 de 15 % à 35 %, voire 40 % selon les zones de production. À l’échelle du territoire français, les filières professionnelles tablent sur un recul de la superficie semée autour de 400 000 ha pour la récolte 2027, soit un repli de plus de 28 % par rapport aux 1,422 Mha de la récolte 2026. La sole serait inférieure de près de 200 000 ha à celle de la récolte 2025, qui s’élevait à 1,266 Mha.

Le marché français du soja est inactif, faute de disponibilités

Les prix de la graine de soja sur le marché physique français ont flambé, la récolte étant catastrophique. La production française de soja en 2026 est estimée par Agreste à 281 000 t au 1er octobre, en baisse de près de 30 % par rapport à la récolte 2025 (397 000 t) et à la moyenne des cinq campagnes précédentes (- 29,7 %).

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En l’absence de volumes significatifs offerts à la négociation de gré à gré, la graine de soja n’est pas cotée dans le Sud-Ouest. Dans l’Est, en départ Rhône-Alpes comme en départ Rhin, les prix publiés par La Dépêche Le petit meunier sont purement nominatifs, en l’absence d’affaires.

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