Il y a quelque chose d’un peu désabusé dans les réactions du monde agricole français à l’élargissement de l’UE. Certes, la FNSEA a bien relevé que Jacques Chirac avait souhaité, lors de sa conférence de presse, que l’agriculture, l’agroalimentaire et la sécurité alimentaire soient au coeur des ambitions de la nouvelle Europe à 25. Pour mieux le prendre au mot et lui demander «
d’en faire d’abord une priorité dans le budget et les ambitions nationales ». Mais il faut bien reconnaître que Jean-Michel Lemétayer était apparemment le seul à s’être aperçu de cette déclaration, parfaitement absente des compte-rendu qu’en ont fait les journaux, le lendemain. Sans doute parce qu’ils ont tous vu là une pure précaution oratoire...
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La vérité est que le projet agricole manque cruellement à cette nouvelle Europe, comme le relève amèrement un autre syndicat qui ne voit venir à juste titre «
aucun projet ambitieux, clair et fédérateur » dans le domaine agricole. Un comble si l’on se rappelle que c’est autour de cette question que s’est bâtie la première politique européenne. «
On assiste depuis quelques années à une véritable déconstruction de l’Europe et de l’Europe agricole en particulier», ont déploré en choeur les participants, toutes tendances confondues, au débat organisé il y a quelques jours par l’Afja sur le syndicalisme agricole. Vendredi, de quoi se plaignaient d’ailleurs les producteurs de choux-fleurs bretons (ci-dessous) ? De la concurrence sauvage qu’ils sont en train de subir de la part de la production polonaise, «
à moitié prix» ! Comme si cette Europe agricole à 25 était déjà mal partie.