La perspective d’une élimination des subventions agricoles à l’exportation entraîne une levée de boucliers.
En proposant d’abandonner les subventions européennes aux exportations de produits agricoles à condition que les partenaires européens au sein de l’OMC en fassent autant, Pascal Lamy, le commissaire pour le Commerce et Franz Fischler, son homologue de l’Agriculture, ont déclenché un véritable tollé en France. Hier, lors d’une conférence de presse, Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, a ainsi condamné le «
bradage de l’agriculture française et européenne ». «
Une fois de plus, la Commission européenne tire la première, a-t-il déploré. «
était-il nécessaire de faire ces concessions avant que des pays comme les États-Unis ou le Brésil fassent eux-mêmes preuve de bonne volonté ?».
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Autre point provoquant la colère du monde agricole hexagonal : l’imminence d’un accord de libre-échange avec le Mercosur. «
Un tel accord nous mettrait en concurrence avec des pays n’ayant pas les mêmes normes, » juge Jérôme Despey, président des Jeunes Agriculteurs. Luc Guyau, président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture, estime pour sa part, qu’il aurait mieux valu digérer le passage à l’Europe à 25 avant de faire de telles propositions.
Appel à Jacques Chirac
Dominique Ducroquet, président de la Confédération générale des betteraviers craint, lui, de voir le développement de l’éthanol en Europe condamné par avance. «
Permettre que 10 Mhl d’éthanol soient exportés sur l’Union européenne à droits de douane réduits, c’est criminel », a-t-il lancé. Xavier Beulin, président de la Fédération des Oléoprotéagineux a par ailleurs fait part de sa crainte de voir d’autres pays demander par la suite les mêmes avantages que le Mercosur. Estimant que l’heure est grave, M. Lemétayer, favorable à la constitution de «
grands marchés » et pour une «
politique différenciée selon les pays en voie de développement», considère qu’«
il est temps que le chef de l’État sorte de son silence concernant l’agriculture ».