’alarme a été lancée début septembre par le réseau biodiversité pour les abeilles (RBA), avec un communiqué prenant à partie les pouvoirs publics : « éviter le naufrage de la filière en 2015. » Il n’est pas facile d’avoir des chiffres précis. Seules 650 000 ruches sont répertoriées en France. Les estimations laissent penser que plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d’autres, échappent à ce recensement. Cela rend le suivi de la filière quasi impossible. Il est donc difficile de connaître la production de miel en France. Mais les estimations les plus crédibles laissent toutefois penser qu’elle se situe aux alentours de 10 000 tonnes, soit près de quatre fois moins qu’il y a vingt ans.
Reste la question de savoir comment expliquer un tel fiasco, alors que la France s’affiche vertueuse en matière de réduction des produits phytosanitaires, qu’elle s’est dotée d’un institut technique apicole et qu’elle développe depuis un an le PDDA (plan de développement durable de l’apiculture) ? C’est la question que pose Philippe Lecompte, apiculteur bio professionnel et président du réseau biodiversité pour les abeilles. « Suite aux décisions de la commission européenne et du ministère de l’Agriculture, de nombreux produits phytosanitaires ont été supprimés. L’action des pouvoirs publics s’est concentrée sur le facteur pesticides en oubliant le reste, à commencer par la ressource florale et le volet sanitaire. Force est de constater que c’était une erreur. Il devient urgent de corriger le tir, sous peine de mettre en péril l’existence de la filière apicole en France. » Selon lui, la menace est à court terme, les pouvoirs publics doivent en prendre toute la mesure et y répondre en s’appuyant sur les modèles qui fonctionnent à l’étranger ; « la Roumanie a vu sa production doubler en dix ans. »
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