« Le maintien d’un minimum de libre-échange est réalisable ». C’est l’avis d’un éminent professeur de politiques agricoles du Trinity College (Irlande), Alan Matthews, qui s’exprimait le 10 janvier lors d’un colloque du Cepii (centre de recherche en économie) à Paris, sur l’avenir des relations commerciales entre l’UE et le Royaume-Uni à l’issue du Brexit et de la phase de transition qui s’ensuivra. Et c’est ce chemin du libre-échange, celui du « soft Brexit » que semblent emprunter les négociations entre Londres et Bruxelles. Le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, envisage de prendre l’accord de libre-échange avec le Canada (Ceta) comme modèle. Et Theresa May souhaiterait conclure « un accord considérablement plus ambitieux » que le Ceta. Cela tombe bien, car la majorité des filières agricoles interrogées par Agra Presse ne veut pas d’un « hard Brexit », c’est-à-dire de la mise en place de tarifs douaniers élevés aux frontières de l’UE, un scénario qui n’est cependant pas écarté tant que les négociations ne sont pas terminées. Mais même « soft », le Brexit soulève une vive inquiétude en France : celui le risque de voir « le Royaume-Uni passer des accords avec d’autres pays qui concurrenceraient l’Union européenne ». C’est ce que Maud Anjuère, responsable des questions internationales chez Coop de France, appelle un « risque de triangulation ». Et celui-ci est redouté par la majorité des filières interrogées par Agra Presse, souvent les plus protégées par les droits de douane actuels. Parce que ces accords pourraient entraîner des pertes de marché outre-Manche, un reflux de produits britanniques vers l’UE, voire des réexpéditions de produits dédouanés issus de ses nouveaux partenaires commerciaux.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.