Le secteur de la viande subit la mévente du cuir

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Une source conséquente de revenus s’est brutalement tarie dans l’industrie de la viande. Le cuir ne fait plus recette, victime du ralentissement économique. « En trente ans de métier, je n’ai jamais vu une chose pareille », raconte Philippe Lerouge, président-directeur général d’Unicuir à Carentan (Manche). « Les marchés asiatiques sont bloqués. Des containers entiers de cuir ont dû être rapatriés de Chine, suite au retrait des acheteurs. Le pays fabrique près d’une chaussure sur deux dans le monde. D’autres destinations se ferment, comme la Thaïlande, l’Inde. » Prestataire de service de plusieurs abattoirs de l’Ouest de la France, Unicuir enregistre une baisse de chiffre d’affaires de 30 % depuis le mois de septembre. Son activité consiste à saler les cuirs, à les mettre en palette, à les vendre par catégories. L’entreprise voit les prix s’effondrer. Le cuir de bovin est passé en six mois de 1,40 euro par kilo à 50 centimes par kilo. Celui du veau a été ramené de 30-40 euros la pièce à 10 euros la pièce.

Stocks d’invendus

Tout cela se répercute sur le marché de la viande. Confrontés à une baisse de valorisation du cinquième quartier, les industriels tentent de se rattraper sur le reste de la carcasse. « La mévente du cuir de veau entraîne une perte de 20 centimes par kilo de viande,calcule un abatteur de bovins du Grand Ouest. Le phénomène m’a l’air durable. Dans l’automobile, l’habillement, le marché se resserre. » L’Italie constitue une des principales destinations du cuir de bovin. Là aussi, la crise économique se fait sentir. Un tanneur italien a vu ses commandes passer de 60 semis par semaine à 5 semis par semaine.

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« Les abattoirs auront sur les bras des stocks de cuir correspondant à deux mois de tuerie, prévient Philippe Lerouge. En Irlande, des entreprises s’interrogent si le jeu en vaut la chandelle. Déjà aux Etats-Unis, certaines entreprises préfèrent transformer leurs peaux fraîches en gélatine, la filière du cuir n’étant plus assez rentable. » La Fédération française de la tannerie mégisserie (FFTM) anticipe un premier semestre 2009 encore « difficile », dans la foulée d’une baisse de production d’environ 10 % depuis la rentrée.

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