Le modèle bancaire mutualiste, un “phare” dans la tempête...

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André Janot et Jean-Luc Beyer se sont voulus rassurants quant à la solidité du modèle bancaire du Crédit agricole. Crédits : © P. O.

Jouer la carte de la transparence est une stratégie qui s’avère le plus souvent payante sur la durée, même si elle est peu prisée des opérateurs financiers. Le Crédit agricole Centre France a, lui, fait sienne cette logique en décidant d’aborder dans toutes ses assemblées de caisses locales les ressorts de la désormais célèbre crise des crédits immobiliers à risques, traduisez “subprimes”, et l’impact de ce marasme financier sur le groupe Crédit agricole, la caisse régionale, ses sociétaires et actionnaires. Et si le jargon teinté d’anglicismes pourrait en rebuter plus d’un, l’explication de texte présentée lors des assemblées des caisses locales et livrée vendredi dernier par André Janot, président de la caisse Cantal, et Jean-Luc Beyer, directeur commercial régional, a eu le grand mérite de rendre compréhensible cette nébuleuse née d’une crise atypique, selon André Janot.

Quatre crises en une

“Ce n’est pas une, mais quatre crises qui “s’autoalimentent” : la crise des matières premières, dont celles agricoles, la crise des “subprimes” américains (voir encadré), qui a elle-même généré une crise de confiance généralisée sur les marchés financiers. Cette défiance, à la source d’une crise de liquidités, pourrait précéder une dernière crise, économique cette fois”, a détaillé le président Janot, sans pour autant vouloir sombrer dans le catastrophisme. “Le problème est qu’on a prêté à des personnes peu ou pas solvables, en oubliant une règle élémentaire : le coût du risque. Et même si l’économie mondiale se transforme, avec une multipolarisation qui atténue le poids des États-Unis, la crise financière américaine a forcément impacté l’ensemble des acteurs bancaires, y compris le Crédit agricole”, a développé pour sa part Jean-Luc Beyer. 

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Un résultat en baisse mais un groupe solide

Bilan : un recul de 16 points du résultat du groupe, qui reste malgré tout bénéficiaire à hauteur de 4,4 milliards d’euros. Une gageure dans la tourmente de ces derniers mois, qui s’explique selon lui par “un modèle bancaire très résistant car diversifié”. D’ailleurs la banque verte continue sa forte progression en Europe, notamment en Italie, marché en phase avec le concept de banque de détail mais aussi de banque-assurance développé par le Crédit agricole. Et le directeur général de Centre France, présent vendredi soir à Saint-Simon, a lui aussi vanté les atouts de ce modèle original basé sur les caisses régionales, “d’ailleurs si solide qu’on n’arrête pas de parler de nous, par exemple pour sauver la Société générale...”. Des performances qui pourraient aussi symboliser la victoire du bon sens paysan. 

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