Ce n’est pas nouveau. A Aurillac, le lycée agricole Georges Pompidou est chauffé au bois depuis une vingtaine d’années. Mais la chaudière arrivée en fin de vie devait être remplacée. La question du combustible ne s’est pas posée longtemps. La nouvelle chaufferie est composée d’une nouvelle chaudière automatique à bois qui assure plus de 80 % des besoins et d’une chaudière gaz qui prend le relais, pour l’appoint ou le secours. Le réseau de chaleur a été étendu à d’autres bâtiments (CFPPA, Enilv, etc.). La totalité des travaux, facturée près de 500 000 euros HT, a été entièrement financée par le Conseil régional. Son président, René Souchon (également président du conseil d’administration du lycée agricole) met un point d’honneur à rappeler que la chaudière a été construite en Auvergne, à Arlanc dans le Puy-de-Dôme par les établissements Compte. Des déchets de scierie
Le chef d’entreprise était d’ailleurs présent lors de l’inauguration
officielle de cet équipement, lundi 15 janvier. Il a d’abord justifié
la puissance inférieure de la chaudière par rapport à celle qu’elle
remplace (960 kW) par un meilleur rendement et des bâtiments mieux
isolés qu’il y a 20 ans. En revanche, le combustible reste le même : de
la sciure et des écorces de bois. Ainsi, 230 tonnes par an de déchets
de scierie sont livrées par l’entreprise Bonhomme d’Arpajon-sur-Cère
(soit 151 tonnes d’équivalent pétrole). Le coût de la matière première
est donc pratiquement nul, même s’il reste à stocker et transporter ce
matériau. De fait, malgré un surcoût de 140 000 euros lié à l’option
bois, le retour sur investissement est assez rapide. De l’ordre de 5 à
6 ans. Outre ce volet économique, le président Souchon a insisté sur la
préservation de l’environnement qu’offre la solution bois et le
caractère inépuisable d’une ressource que l’on trouve localement en
abondance. “Préparer une transition énergétique”
“Il faut dès maintenant préparer une transition énergétique qui nous
sera, en tout état de cause, imposée par les événements”, souligne René
Souchon. Le président de Région estime que “le bois énergie en Auvergne
représente une filière en pleine croissance”. Convaincu que la
collectivité doit donner l’exemple, il précise que le futur Hôtel de
Région à ossature bois sera également chauffé grâce à un réseau de
chaleur au bois. Il s’est également engagé à mettre en place une
“stratégie énergétique patrimoine” afin d’équiper autant que possible
les lycées auvergnats qui représentent la bagatelle de 1,2 million de
mètres carrés à chauffer ! Un enjeu de développement qui n’a pas
échappé aux nombreux acteurs agricoles et économiques présents à cette
inauguration.
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