Le Gaec familiale de La Villeneuve a lancé le lait de chèvre dans les Hauts-de-France

- - 4 min
Environ la moitié du troupeau est conduite en lactation longue pour produire du lait 365 jours par an. Crédits : © D. Hardy
L’exploitation compte cinq tracteurs et un télescopique pour assurer les travaux sur les 130 hectares et les besoins de l’élevage. Crédits : © D. Hardy
De 940 chèvres à la traite actuellement, le Gaec de la Villeneuve veut progressivement monter à 1 200 chèvres. Crédits : © D. Hardy
La chaleur constitue un nouveau défi pour les producteurs chtimis qui n’ont pas hésité à investir dans un énorme ventilateur pour faire circuler l’air. Crédits : © D. Hardy
À 58 ans, Jérôme Costeux envisage son départ à la retraite dans deux ou trois ans. Mais l’organisation du Gaec est pensée pour que l’exploitation puisse continuer avec les générations suivantes. Crédits : © D. Hardy

Pionniers du lait de chèvre dans le Pas-de-Calais, Jérôme Costeux et sa famille ont transformé une ferme historiquement tournée vers les vaches en un élevage de 940 chèvres. Une aventure commencée en 2016 qui se poursuit avec la nouvelle génération.

À Bellebrune, dans le Pas-de-Calais, le Gaec de La Villeneuve est à l’initiative de la collecte laitière caprine dans les Hauts-de-France. Il y a dix ans, les chèvres n’avaient pas leur place dans cette ferme familiale. « Nous avions 80 vaches laitières pour 670 000 litres de lait, explique Jérôme Costeux. Mais pour installer les trois garçons avec nous, tripler le cheptel bovin n’était pas réaliste dans une région où le foncier est particulièrement convoité et l’hectare de terre se négocie entre 15 000 et 20 000 euros à l’achat ».

La solution va venir d’une rencontre et d’un stage. En 2016, Jean, le cadet de la famille, effectue un stage dans un élevage caprin biologique de Bretagne. La famille est conviée en Ille-et-Vilaine et se trouve « émerveillée par un élevage propre et économiquement rentable ». Les Costeux commencent alors à affiner leur projet et chercher des laiteries susceptibles de collecter leur lait de chèvre. Avec quelques autres producteurs intéressés du secteur, ils sollicitent notamment Capra en Belgique, filiale de la coopérative Eurial qui trouve un accord avec la coopérative Prospérité fermière pour collecter du lait de chèvre biologique.

Roto de traite 72 places

Les premières chevrettes arrivent en octobre 2017, puis d’autres animaux de Belgique et de Chevrettes de France complètent le cheptel avant la première traite en avril 2018. Les débuts sont un peu compliqués avec, pendant un an, les vaches et les chèvres à la traite dans la même installation !

Aujourd’hui, l’exploitation compte 940 chèvres sur 130 hectares. Le Gaec, initialement formé de Jérôme et Élisabeth, s’est agrandi pour accueillir Émile, 28 ans, Jean, 27 ans et bientôt Arthur, 24 ans. « Il faut du volume pour faire vivre cinq associés », résume Jérôme. L’exploitation s’est adaptée à la nouvelle espèce et un roto de traite SAC de 72 places a été mis en route en 2021. Doté de la pesée électronique quotidienne du lait, cet équipement leur permet de traire le troupeau en deux heures le matin et une heure trente le soir. L’adaptation des bâtiments se poursuit avec le projet de construction d’un bâtiment Dugué de 48 mètres sur 18 mètres destiné à l’accueil des 400 chevrettes.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Une région caprine en devenir

<em class="placeholder">Télescopique devant silo</em>

Démarré initialement en agriculture biologique, l’élevage caprin a été déconverti en octobre 2025, à la fin du contrat décennal de livraison de lait bio à Eurial. « La fin du bio va diminuer le prix du lait mais cela facilite la maîtrise des adventices, augmente les rendements des cultures et baisse le coût de la protéine », résume Jérôme en évoquant du méteil grain à 40 quintaux de l’hectare ou le soja bio monté jusqu’à 1 400 euros la tonne.

Aujourd’hui, les animaux reçoivent une ration complète distribuée à base de maïs ensilage (3,5 kilos MS au pic), d’ensilage d’herbe (700 g), de soja (500 g), d’orge aplati (350 g) de maïs grain (350 g) et de paille (100 g).

Avec le réchauffement climatique de la France, Jérôme Costeux considère que le potentiel caprin de la région reste à explorer : « Dans la Belgique voisine, il y a 60 élevages de chèvres qui produisent 60 millions de litres. On peut facilement faire la même chose dans les Hauts-de-France où il y a des jeunes intéressés par cette production. »

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires