Le gouvernement danois vient d’annoncer que les élevages bovins et porcins seraient taxés à partir de 2030 pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
« Nous serons le premier pays au monde à introduire une taxe carbone sur l’agriculture », a déclaré le ministre du Climat danois Lars Aagaard à l’occasion de la présentation de cet accord baptisé « tripartite verte » le 18 novembre dernier. Au parlement, les partis majoritaires se sont entendu sur les modalités de l’accord visant à taxer les rejets de méthane causés par les flatulences des bovins et porcs à compter de 2030 alors que la Nouvelle-Zélande qui a avait un projet similaire pour 2025 l’a abandonné en raison de l’opposition du monde agricole.
A cette date, les rejets de méthane de l’élevage seront taxés à hauteur de 300 couronnes (40,20 €) par tonne d’équivalent CO2 pour atteindre 750 couronnes (100 €) par tonne en 2035. Grâce à une déduction fiscale de 60 %, le coût pour l’éleveur ira de 120 couronnes (16 euros) par tonne en 2030 jusqu’à 300 couronnes en 2035.
L’agriculture danoise qui produit majoritairement du lait et des porcs dans plus de 15 000 fermes est la deuxième source d’émissions de gaz à effet de serre, ces dernières représentant un quart des émissions du pays.
Un premier accord de principe avait été conclu fin juin entre le gouvernement et des représentants des éleveurs, de l’industrie et du monde syndical. Le nouveau texte prévoit un budget de 43 Mdkr (environ 5,76 Md€), soit trois milliards de plus qu'annoncé l’été dernier. Ce projet doit encore être voté au Parlement à une date ultérieure. Mais les premières mesures de l’accord, sur la transformation des terres agricoles, doivent intervenir dès cette année. Cette décision s’inscrit en effet dans un texte plus large sur le verdissement de l’agriculture qui doit permettre de réduire les émissions d’azote de 13 780 tonnes par an d’ici 2027.