Le CS Porc, une formation qui garantit un emploi

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Gaëlle Taniou, Justine Lion et Léa Gabrysiak ont toutes les trois suivi le CS Porc, chacune avec un objectif professionnel différent. Crédits : © Chambre d'agriculture des Pays de la Loire
«Les apprentis ont le statut de salarié pendant un an et perçoivent de 750 à 1400 € par mois », indique Marie Conus (à gauche) et Christine Maurel-Roullier. Crédits : © V. Bargain
La station porcine des Trinottières sert de support pédagogique. Crédits : © Chambre d'agriculture des Pays de la Loire

C’est en 2012, à la demande du CRP (Comité régional porcin) des Pays de la Loire, qu’a été créé le certificat de spécialisation « conduite de l’élevage porcin » d’Agrilia formation, le centre de formation d’apprentis (CFA) de la chambre d’Agriculture. « Les Pays de la Loire sont la deuxième région française en production de porc, souligne Christine Maurel-Roullier, responsable pédagogique du CFA. Beaucoup d’éleveurs proposent des emplois de bon niveau et cherchent des salariés. Il y a aussi des besoins en installation et reprise d’exploitation. La chambre d’Agriculture, qui dispose de la ferme expérimentale des Trinottières, qui peut servir de support pédagogique, a donc décidé de créer un CS Porc. » Depuis, une dizaine d’apprentis, dont une moitié de filles, y sont formés chaque année au métier de responsable d’atelier porcin. La plupart arrivent après un BAC ou un BTS agricoles. « Le porc est peu présent dans ces formations. Le CS permet d’acquérir de la technicité avant de s’installer, de devenir salarié d’un élevage ou de travailler dans des métiers comme le conseil en élevage. » La formation se déroule sur 13 semaines thématiques, à raison d’une à deux semaines par mois de mi-octobre à fin juin, le reste du temps se passant sur un élevage, chez un maître d’apprentissage, avec le statut de salarié.

Une équipe de formation élargie

Toutes les thématiques sont abordées : alimentation, reproduction, sanitaire, bâtiments, environnement, filière… Tous les systèmes, tous les types de bâtiments sont présentés. Marie Conus, formatrice, assure les cours fondamentaux et encadre les TP. Les thématiques sont couvertes par les techniciens de la chambre d’Agriculture, le CRP, des vétérinaires et techniciens d’OP, des intervenants spécifiques (porc label…). « Tous sont en contact avec les éleveurs, souligne Marie Conus. Les apprentis participent aussi aux journées techniques ou filière qui ont lieu dans la région. Il est important qu’ils s’intègrent à la vie professionnelle. » Les techniciens de la station sont également partie prenante de la formation. « Le CS s’appuie beaucoup sur la station pour les TP, les manipulations, les autopsies… Les techniciens y sont très motivés pour transmettre leurs savoirs et savoir-faire et développer la curiosité et l’esprit critique des jeunes. » Un voyage, coconstruit avec les jeunes, est également organisé chaque année en Bretagne, avec la découverte du Marché du porc breton et différentes visites selon les souhaits des apprentis. « L’objectif du CS est d’apporter de la technicité mais aussi de développer la capacité d’adaptation et l’ouverture d’esprit et d’amener les jeunes à se poser les bonnes questions », précise Marie Conus. À l’issue du CS, les apprentis ont en général plusieurs propositions d’emploi, à des niveaux de salaires très corrects. « L’apprentissage sert souvent de test pour des éleveurs à la recherche d’un futur salarié ou associé. C’est aussi une bonne opportunité pour des personnes non issues du milieu agricole. »

En pratique

Les dossiers peuvent être déposés jusqu’à début juillet. Renseignement : facebook Agrilia formation ou www.la-terre-mon-avenir.fr

Trois témoignages, trois métiers différents

Léa

« Mieux connaître la technique et le métier pour conseiller en élevage »

« J’ai choisi de faire le CS Porc après une licence « Métier du conseil en élevage », pour approfondir mes connaissances techniques et mieux comprendre le métier d’éleveur. Mon maître d’apprentissage m’a fait confiance et m’a laissé à charge la gestion des maternités. J’ai aussi pu découvrir le fonctionnement d’un élevage de sélection. Cette expérience a été enrichissante au plan professionnel et humain et m’a confortée dans l’idée de travailler dans la filière porcine. Je poursuis actuellement mon cursus en master. »

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Justine

"Un CS pour consolider mes bases »

« Après une période salariée, mon patron m’a proposé le CS pour que j’aie un diplôme et une formation spécialisée en porc. Le site des Trinottières permet de mettre en pratique nos cours et de comparer les systèmes litière, caillebotis et plein air. Les interventions, le voyage et l’échange dans un groupe aux parcours variés étaient aussi très enrichissants. Aujourd’hui, je suis toujours chez mon patron, en CDD depuis octobre 2017. Je m’occupe de la verraterie, des gestantes, des maternités, des déplacements des animaux et du lavage des salles. »

Gaëlle

« Connaître l’exploitation avant de la reprendre »

« Après quinze ans dans le conseil en élevage bovin, je voulais m’installer avec mon frère sur l’exploitation familiale en élevages porcin et apicole. J’ai fait mon apprentissage sur l’exploitation dans le cadre d’un financement Pôle Emploi. Cela m’a permis de m’imprégner de l’outil, de la comptabilité et de travailler avec mon futur associé et notre salarié. Les semaines aux Trinottières et quelques journées sur deux autres élevages m’ont apporté une autre vision et d’autres pratiques. Je suis installée depuis le 1er janvier 2018. »

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