Les Jeunes agriculteurs d’Auvergne avaient choisi la commune
cantalienne de Rageade (dans le canton de Ruynes-en-Margeride) pour
tenir leur comité régional à l’installation. Rejoints par le préfet de
région et le premier vice-président du Conseil régional, les JA ont
réuni dans la foulée des “assises régionales de l’installation”
destinées à proposer des évolutions de la politique d’installation, à
la lumière du bilan des installations en Auvergne en 2005 dressé un peu
plus tôt par le comité régional. Un bilan plutôt encourageant, qui
montre que l’Auvergne résiste mieux que les autres régions, ont
constaté les JA. Sur l’exploitation du Gaec Morand-Pignol (Gaec entre
tiers constitué en 2005 en production mixte), il a été question
d’installation, à travers ses chiffres, ses soutiens et les différentes
formes qu’elle peut prendre. Et sur ce dernier point, les
professionnels n’ont pas hésité à qualifier l’installation sociétaire
de “modèle d’avenir”.
“Devenir associé, cela s’apprend”
L’union fait la force, mais encore faut-il que cette union soit
mûrement réfléchie : “Devenir associé, cela s’apprend”, comme l’a
suggéré une animatrice de l’Adasea du Cantal. Il n’en demeure pas moins
qu’en 2005, plus de 60 % des nouveaux installés en Auvergne ont opté
pour la forme sociétaire (193 en Gaec, 53 en Earl et 1 en Scea). Le
nombre d’installations individuelles (149 en 2005) est quant à lui en
constante diminution depuis 1999. Ces installations se font
majoritairement avec le statut de Gaec et leur nombre en Earl/Scea a
doublé sur la période 1999-2005. L’âge moyen à l’installation est en
2005 de 28,2 ans, soit un peu plus élevé qu’en 2004. Quant au niveau de
formation, il reste en très forte proportion égal au BTA. En 2005, ce
niveau a tendance à baisser notamment en zone défavorisée et en zones
de plaine. La part des femmes s’installant reste sensiblement la même
depuis plusieurs années (25 % en 2005). Par contre, elles s’installent
principalement sous la forme sociétaire : en 2005, seules 24 % d’entre
elles ont choisi une formule individuelle.
30% d’installations hors-cadre familial
La proportion d’installations hors cadre familial est croissante :
elles ont représenté l’année dernière 30 % des installations aidées en
Auvergne, Cantal et Allier en tête. Depuis ces cinq dernières années,
ce type d’installation est en développement : de 1981 à 2005, leur
nombre est passé de 81 à 118 par an (de 9 à 38 dans l’Allier qui
connaît l’évolution la plus spectaculaire), sous l’effet notamment de
l’aide spécifique hors-cadre du Conseil régional, dont 61 jeunes ont
bénéficié en 2005 pour un montant total de 361 275 euros. Les
orientations technico-économiques des installés ne dérogent pas à la
tradition régionale, avec 28 % en bovins lait, 33 % en bovins viande,
11 % en mixte, 7 % en ovins ou caprins. Mais, de plus en plus, de
jeunes font le choix de la diversification (un tiers des projets dans
le Cantal, par exemple), histoire de ne pas mettre tous ses œufs dans
le même panier. “Alors que l’emploi est une préoccupation majeure,
l’agriculture se veut être une opportunité susceptible de répondre à
l’attente des jeunes venus de tous horizons”, a déclaré lors des
assises le Cantalien Gilles Amat, président des JA d’Auvergne.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.