L’ambroisie et le datura progressent en Limousin

- - 4 min
évolution de l'index pollinique moyen de l'ambroisie en Nouvelle-Aquitaine. Crédits : © RNSA
Datura en fleur Crédits : © Pixabay
Plant d'ambroisie Crédits : © Pixabay

Depuis quelques années, l'ambroisie et le datura progressent en Limousin. Face à la prolifération de ces deux plantes invasives qui causent des problèmes de santé publique, des leviers techniques existent, recensés notamment dans le Contrat de solutions.

En 2024, la concentration en pollen d'ambroisie, mesurée par l'Observatoire régional de l'air de Nouvelle-Aquitaine sur le site de Limoges a été multipliée par 3. Une très forte progression qui a des conséquences marquées comme le rappelle le réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) : « L'année 2024 confirme les tendances d'allongement et d'intensification des saisons polliniques exacerbées par le changement climatique avec des impacts marqués sur les personnes allergiques à travers toute la France ». Les conséquences peuvent être également très importantes au niveau agricole. « Nous sommes confrontés à l'ambroisie à feuille d'armoise depuis une petite dizaine d'années, explique Philippe Ducourthial, chef du pôle Agronomie et Environnement à la Chambre d’agriculture de la Creuse. La plante s'installe avec les semis de printemps comme le tournesol, le maïs, le sarrasin. Une fois implantée, s'il n'y a pas de rotation de culture, elle se développe et se ressème et elle peut anéantir jusqu'à 80 % d'une culture ». Pour se débarrasser de l'indésirable, la rotation des cultures est un levier efficace, avec l'introduction de cultures d'hiver dans lesquelles l'ambroisie ne trouvera pas sa place. La fiche du Contrat de solutions consacré à l'ambroisie préconise également le travail du sol. Au printemps, voire à l'automne, le faux semis et le décalage de la date de semis permettent de favoriser la levée des adventices puis leur destruction par herbicide ou un désherbage mécanique avant l'installation des cultures.

Lorsqu'une parcelle est touchée, il faut arracher les plants. « Elle est très difficile à éradiquer, reprend Philippe Ducourthial. Il faut absolument éviter la montée en graine, par le déchaumage ou le traitement chimique. Il est aussi très utile de récolter les parcelles infestées en dernier et de nettoyer soigneusement les outils car les graines sont extrêmement fines ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

réduction
Suivi
Suivre

Pour en savoir plus sur l'ambroisie : site de l'observatoire des ambroisies

Ambroisie et Datura : même combat

Ces leviers techniques sont également adaptés pour le datura, plante toxique du fait de l'atropine et de la scopolamine qu'elle contient. Actuellement, la limite maximale réglementaire pour ces deux molécules est fixée à 1 microgramme par kilo pour l'alimentation humaine. « Chaque année nous observons quelques pieds, dans les parcelles de sarrasin mais aussi dans le maïs ensilage, poursuit Philippe Ducourthial. Il faut être très vigilant car c'est une plante très toxique. La présence d'un seul pied de datura sur 25 m² dans une culture est fatale à un bovin. Il est impératif de se débarrasser de la plante. Certaines coopératives de culture de sarrasin ont rendu obligatoire le survol par drone des parcelles cultivées. Si un plant de datura est repéré, il doit être arraché manuellement et un nouveau survol viendra contrôler la parcelle ». Avec le déploiement du Contrat de solutions initié par la FNSEA en 2019, l'ensemble des acteurs du monde agricole s'engage pour communiquer sur les bonnes pratiques liées au développement du datura et de l'ambroisie. Selon les partenaires du Contrat de solutions, la mise en œuvre de ces mesures prophylactiques permet une réduction de l'IFT jusqu'à 0,5 point par hectare. Pour cela, il faut toutefois accepter le décalage de la date de semis et procéder à un nettoyage minutieux du matériel de récolte même si une opération de nettoyage est parfois difficile à insérer entre les chantiers.

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires