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Lait de vache : Pourquoi la collecte laitière augmente ?

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Le Cantal est le département de la région où la collecte laitière a le plus progressé fin 2025. Crédits : © iStock
Le cheptel laitier a poursuivi son repli. En décembre 2024, il comptait 3,22 millions de têtes, en baisse de 2,5% sur un an, soit 83 500 vaches laitières de moins. Crédits : © Idèle

Depuis la fin de l'année, la production laitière a fortement augmenté à la faveur d'un automne clément et de fourrages abondants et de qualité. Le Massif central bénéficie de ce regain de production, qui n'est pas sans bousculer les débouchés traditionnels. État des lieux.

Production laitière en Auvergne-Rhône-Alpes et dans le Massif central : forte hausse en 2025-2026

La production laitière connaît une hausse significative en Auvergne-Rhône-Alpes et dans le Massif central depuis l’été 2025. Loin d’un simple rebond, cette progression durable s’explique par des conditions climatiques favorables, une amélioration des rendements et un contexte économique incitatif pour les éleveurs.

Une collecte de lait en forte progression dans toute la région

Depuis août 2025, la collecte de lait de vache réalisée auprès des 6 500 exploitations laitières et des 1 990 exploitations mixtes affichait des hausses marquées :

  • +5,5 % en août 2025 (vs 2024)
  • +8,4 % en septembre
  • +10,7 % en octobre

Au total, la région Auvergne-Rhône-Alpes enregistre une augmentation de + 11,5 % en décembre 2025 et + 4,3 % sur 12 mois glissants.

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Des hausses particulièrement fortes dans certains départements

La dynamique est particulièrement visible dans plusieurs territoires du Massif central :

  • Cantal : +16 % en octobre, +12 % en novembre
  • Haute-Loire : +12 % en novembre
  • Puy-de-Dôme : +13 % puis +12 %
  • Ardèche : jusqu’à +14 % en octobre
  • Loire : entre +7 % et +8 %
  • Rhône : jusqu’à +11 %
  • Savoie : +12 % en octobre
  • Haute-Savoie : +9 % chaque mois d’août à novembre
  • Creuse : pic à +17,4 % en octobre

Lait bio : une tendance globalement en recul

La collecte de lait bio poursuit globalement son érosion, hormis en Haute-Loire, dans la Loire, en Isère, en Ardèche, en Lozère, en Creuse, dans la Drôme où elle a légèrement progressé au dernier trimestre 2025.

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Pourquoi la production laitière augmente-t-elle ?

Plusieurs facteurs expliquent cette hausse de la production laitière. Un automne clément a permis une excellente pousse de l’herbe, combinée à des stocks de fourrages abondants et de qualité.

Dans le même temps, le niveau du prix du lait payé aux éleveurs a incité à garder les vaches laitières.

« La robotisation de la traite s’est accélérée, couplée à une distribution plus importante de concentrés favorisée par des coûts d’aliments compétitifs. Tous ces éléments ont joué. Cette conjoncture porteuse a même conduit certains exploitants à différer leur départ à la retraite afin de prolonger leur activité », avance Benoît Rouillé de l'Institut de l'élevage.

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Début 2026 : une dynamique toujours positive

En ce début d'année 2026, loin de se tarir, la production laitière continue de progresser. Ainsi, en janvier 2026, à l'échelle française, elle a augmenté de 5,8 % sur un an, après avoir déjà bondi de 7,4 % en décembre. D'après l'Institut de l'élevage, la progression de la collecte française s'est faite par une augmentation des rendements laitiers en fermes. Car en parallèle de cette hausse, le cheptel laitier a poursuivi son repli de 2,5 % par an. En conséquence, la hausse repose principalement sur l’augmentation des rendements par vache.

Plus de lait… mais une baisse des prix

L’augmentation de la production entraîne mécaniquement une pression sur les prix :

  • Prix moyen 2025 : 468 €/1 000 litres (+27 € vs 2024)
  • Baisse début 2026 :
    • -10 à -15 €/1 000 L en janvier
    • -20 à -30 €/1 000 L en février

Certaines laiteries appellent désormais à réduire la production.

Un équilibre fragile pour les éleveurs

Malgré cette hausse, la situation reste complexe, comme l'explique Stéphane Joandel, président de la section régionale laitière et éleveur dans la Loire :

« La production laitière a certes augmenté, mais nous n’avons pas encore retrouvé les niveaux de 2021 et la décapitalisation du cheptel laitier est malheureusement toujours élevée. L'embellie sur la production ne doit pas être brisée par une baisse des prix ». Et de rappeler qu'en la matière, le seul juge de paix reste la loi Egalim : « le prix se construit en marche avant à partir de nos coûts de production. Il est temps d'appliquer la loi, toute la loi, rien que la loi ».

Une demande qui reste solide

Des signaux positifs viennent toutefois soutenir la filière :

  • Consommation stable en 2025
  • +1,8 % de consommation début 2026
  • Reprise des exportations de produits laitiers français fin 2025

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