La
FDGdon (fédération départementale des groupements de défense contre les
organismes nuisibles), que préside André Dampeyroux, a pour mission de
fédérer les associations locales de lutte contre les ennemis des
cultures (communales ou intercommunales) pour leur fournir les produits
autorisés et le droit de les utiliser. L’arrêté interministériel qui
régit la lutte contre les nuisibles des cultures a expiré le 1er
janvier. C’est un arrêté préfectoral, qui en reprend les grandes
lignes, dans les même termes. Il est valable un an et concerne donc la
campagne 2007. Il prévoit un plan de surveillance, une lutte précoce et
oblige à traiter de manière collective lorsque les populations sont en
basse densité. Seule la FDGdon est autorisée à distribuer le produit
agréé contre le rat taupier (ou campagnol terrestre) : la bromadiolone. Des autorisations à renouveler Christophe Chabalier,
animateur de la fédération, a profité de l’assemblée générale qui s’est
tenue à Pailherols la semaine dernière pour prévenir : “L’autorisation
de la molécule doit être révisée au niveau européen en 2008”. La
crainte étant que le produit soit interdit au profit d’un autre... aux
résultats moins sûrs. D’autant que, malgré une efficacité prouvée, des
infestations constatées restent très inquiétantes dans certains
secteurs. C’est le cas des cantons de Saint-Cernin, de Pierrefort,
ainsi qu’autour d’Aurillac, dans la vallée de l’Authre sur la période
hivernale 2005-2006. Plus récemment, à l’automne et l’hiver 2006-2007,
il a été enregistré des dégâts qui, globalement, ont chuté, mais des
communes qui restent très critiques : Saint-Cernin, Girgols, Malbo,
Brezons, Dienne, Lavigerie ou encore Ségur-les-Villas. “On ne fait rien” Selon
le responsable du service régional de la protection des végétaux, les
traitements sont nettement insuffisants. “On ne fait rien”,
affirme-t-il en s’appuyant sur les chiffres fournis par le FDGdon. “Le
Cantal a acheté de quoi traiter 1 500 ha alors que selon les dernières
estimations, autour de 50 000 ha de la prairie cantalienne seraient
infectés” ! Et comme si ce fléau ne suffisait pas, il faut aussi
composer avec les dégâts qu’occasionne la taupe. Celle-ci se développe
particulièrement dans les zones qui ont déjà été touchées par le rat
taupier : “Elles recolonisent les galeries existantes”, expliquent les
experts. Il semble que les agriculteurs accordent -à tort- moins
d’importance à son élimination. “Pourtant, elle travaille pour le
campagnol en entretenant les réseaux de galeries”. La seule matière
active autorisée pour empoisonner la taupe reste l’alphachloralose.
Avec 65 doses commandées en 2006, on est très loin des 400 achetées en
2001. Il est rappelé que ce produit n’est valable que chargé sur des
vers préalablement coupés. Car le poison tue la taupe, mais pas le ver
qui risque de s’extraire des galeries piégées.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.