La production de pommes de terre destinées à la transformation en frites, flocons et autres chips a représenté un tonnage de 1,145 million en 2007-2008, en baisse de 10 % par rapport à la campagne 2006-2007.

L’assemblée générale du Groupement interprofessionnel pour la valorisation de la pomme de terre, réunie le 12 mars dernier sous la présidence de Didier Lombart, a dressé le bilan d’une campagne en recul sur la précédente, non seulement pour le tonnage de pommes de terre travaillées, mais aussi pour celui des produits finis également en baisse de 10 % avec 533 000 t. En ce qui concerne les tonnages de tubercules bruts livrés, leur baisse s’explique en grande partie par la fermeture d’une usine dans l’Aisne. La part de la production de pommes de terre faisant l’objet d’un contrat est de 59 %, c’est dire que la contractualisation est relativement modeste dans ce secteur, comme d’ailleurs pour l’ensemble du marché de la pomme de terre de conservation, alors qu’elle est la règle dans la féculerie. Les tubercules sont transformés dans une quinzaine d’usines détenues majoritairement par quelques grands groupes comme Mc Cain, Vico, Lunor….

La pomme de terre destinée à la transformation fait l’objet d’échanges commerciaux importants avec nos proches voisins du nord de l’Union européennes, nos exportations approchant les 500 000 t et nos importations quelque 250 000 t.

En 2007-2008, les 533 000 t de pommes de terre valorisées par la transformation se sont réparties entre 45 123 t de produits déshydratés (flocons pour purée), en retrait de près de 5 % par rapport à la précédente campagne, accentuant une chute perceptible depuis une dizaine d’années. Sur une longue période (depuis le début de la décennie), on constate que ces produits déshydratés sont passés de 62 000 à 45 000 t, soit moins 27,6 %. Curieusement, cette chute n’apparaît pas dans la consommation apparente qui traduit plutôt une stagnation médiocre. Les produits de Ve gamme dont les pommes de terre sous vide, ont baissé quant à eux de 3,4 % par rapport à 2006-2007 avec 60 300 t, tandis que les chips et snacks, avec 36 600 t, progressaient de 2,2 %, confirmant une évolution positive soutenue par l’innovation Pour des raisons évidentes de densité, la comparaison de tonnage des différents produits finis n’est pas significative ; se référer aux tonnages de tubercules (voir graphique)..

Consommation : les chips ont la frite

La consommation apparente (production + importation - exportation) de pommes de terre transformées a pour sa part atteint 855 292 t en 2008, avec des tendances diverses.

Les produits déshydratés partis de 56 259 t en 2000 se retrouvent à 50 620 en 2008 après avoir enregistré quelques rares pics entre temps, en particulier à près de 64 000 t en 2004. La purée maison aurait-elle reconquis les foyers ? La frite et autres produits surgelés restent de loin la base de la production : de 511 000 t en 2000, les fabrications ont évolué cahin-caha jusqu’en 2004, pour progresser à 594 800 t l’an denier.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

innovation
Suivi
Suivre
grande distribution
Suivi
Suivre

Mais la vedette revient aux chips dont la consommation a doublé depuis 2000 pour approcher les 100 000 t l’an dernier. D’ailleurs, les chips prennent la 2 e place derrière les frites surgelées dans le panier de la ménagère, dans ses achats de pommes de terre transformées. C’est aussi une illustration de l’évolution des habitudes de consommation, avec le développement du grignotage.

La consommation débordant largement la production, le recours à l’importation est donc nécessaire. Il est entré en France en 2007-2008, 595 000 t de produits transformés à base de pommes de terre, en hausse de 2,2 %, alors que nos exportations, 314 000 t, accusaient une baisse de 2,9 %, Il en résulte, en valeur, une balance commerciale en déficit de 200 M€.

La féculerie s’oriente vers la chimie verte

La section « féculerie » du GIPT est moins sereine que celle des produits transformés. La campagne s’est située dans une petite moyenne avec 1,05 Mt de tubercules, contre 1 145 600 la précédente campagne, livrés par 1 430 producteurs contractants pour une production de fécule de 243 300 t. Ce chiffre correspond à une petite moyenne. Mais pour le GIPT « féculerie », les préoccupations viennent d’ailleurs. Les efforts de l’organisation professionnelle ont permis de maintenir le plus longtemps possible l’accompagnement actuel de la production. Mais à partir de 2012-2013, le découplage total de l’aide au producteur et la fin de la prime au féculier entraîneront la suppression du prix minimum et du contingentement dès la campagne 2012-2013, modifiant profondément l’organisation de la filière. Il faudra alors construire un nouveau cadre interprofessionnel en terme de contractualisation, prévient le président Lombart. De même, la recherche de nouveaux débouchés s’imposera à l’industrie féculière pour surmonter ce bouleversement de son OCM.

Parmi les perspectives envisagées, il y a celle de la chimie verte appliquée, comme les sacs de bioplastiques, à base de fécule, utilisés dans la grande distribution en France. Le projet a avancé en partenariat avec la FCD (Fédération du commerce et de la distribution). Il prévoit de généraliser les sacs en bioplastique dans les magasins situés près de stations de compostage ou de méthanisation des déchets ménagers.

Les féculiers espèrent aussi beaucoup de la Lead Market, le plan de la Commission européenne, pour le développement des bioproduits dans l’UE.

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires