Politique agricole La Commission européenne propose de supprimer l´intervention pour le maïs

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Bruxelles souhaite soustraire le maïs du mécanisme de l´intervention. Une décision qui ne peut entrer en vigueur qu´après l´aval du conseil des Ministres mais inquiète les filières céréalières.


Pour mettre fin à une situation qui prévaut en Hongrie et dont elle craint la réplique en Roumanie où « les agriculteurs produisent uniquement pour mettre à l´intervention et non sur le marché », la Commission de Bruxelles propose d´abroger dès la récolte 2007, le mécanisme de l´intervention concernant le maïs. Comme ce fut le cas à l´occasion de la dernière réforme de la PAC pour le seigle. Pour entrer en vigueur, cette proposition doit être adoptée en conseil des ministres de l´Agriculture des 25 États membres de l´Union européenne à la majorité qualifiée. « Peu d´États membres se sentent concernés par ce sujet », souligne Bruno Hot, directeur de l´OniGC. « Les pays touchés comme la Hongrie et la France peuvent se retrouver isolés ».
Pour la Hongrie, où se concentrent les stocks de maïs à l´intervention, les conséquences seraient directes, traduites par un probable effondrement des cours du maïs. Pour la France, qui recourt très rarement à l´intervention en maïs « et où la culture des opérateurs est d´abord d´aller au marché et d´utiliser l´intervention comme filet de sécurité », les conséquences dépendraient de l´évolution du marché international et du prix des maïs en Europe de l´Est. « Aux niveaux de prix actuels sur le marché mondial, rien n´empêche d´écouler du maïs européen sur le marché international qui est demandeur. Un pays comme la Roumanie dispose de façades maritimes pour sortir sa marchandise à destination des pays tiers », explique Bruno Hot.
Cependant, une abolition de l´intervention sur le maïs aurait des conséquences sur la préférence communautaire. Le prix de seuil sur lequel se cale le calcul des droits de douanes du maïs aux portes de l´Europe correspond à 155 % du prix d´intervention. S´il n´y a plus d´intervention, il n´y a plus de prix d´intervention donc plus de prix de seuil. « Dans ces conditions que devient la protection aux frontières ? », interpelle Bruno Hot.

Conséquences sur la préférence communautaire
Par ailleurs, il s´agit d´un signal très négatif concernant l´approche de la Commission quant au rôle de filet de sécurité de l´intervention. Ceci inquiète sérieusement les acteurs des filières céréalières. Après avoir supprimé l´intervention sur le seigle, Bruxelles remet en cause le mécanisme concernant le maïs. « A quand le blé ? », craignent les opérateurs français. Ces derniers seraient amers de payer les pots cassés des difficultés sévissant à l´Est, alors qu´ils ont prouvé au fil des campagnes qu´ils privilégient le marché et n´utilisent l´intervention qu´en tant que dernier recours. Loin d´être anachronique, l´intérêt premier de l´intervention reste en effet son rôle de filet de sécurité qui évite l´effondrement des prix à des niveaux catastrophiques.

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