Inflation : la loi Chatel aura un effet limité

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«Il y aura plus d’inflation en 2008 qu’en 2007. Je pense que les prix d’un certain nombre de matières premières, y compris agricoles, continueront à augmenter parce que la demande est très forte sur le marché mondial », a déclaré Christine Lagarde samedi. « Grâce à la loi Chatel, j’espère qu’on va arriver à continuer à maîtriser cette hausse de l’inflation. Mais je ne crois pas aux miracles », avait-elle souligné un peu plus tôt évoquant « l’inflation importée » (ndlr : liée aux phénomènes extérieurs à l’économie nationale) contre laquelle il est difficile de lutter. A peine promulguée, la loi Chatel semble déjà bien fragile pour amortir les hausses des matières premières au niveau des consommateurs. Alors que la valse des étiquettes ne commencera réellement dans les rayons qu’à la mi-février, la ministre de l’Économie annonçait dès hier dans Le Parisien : « la DGGCRF va intensifier ses relevés de prix dans les rayons, ce qui nous permettra de savoir qui joue le jeu. Et dès la fin mars, nous en tirerons les conséquences ». Une échéance qui correspond à la remise d’un rapport sur la négociabilité des tarifs.

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En attendant, le lobbying continue. Michel-Edouard Leclerc martèle que la loi Chatel n’aura qu’un impact limité qui ne se verra pas dans les prix. Une opinion partagée par l’UFC-Que Choisir qui demande aux pouvoirs publics de rétablir une « véritable concurrence à l’intérieur de chaque zone de chalandise, autrement dit, là où les consommateurs font leurs courses sans bénéficier des effets d’une saine concurrence entre enseignes ». Selon sa dernière enquête publiée dans Que Choisir de janvier 2008, entre septembre 2005 et septembre 2007, les prix en grande distribution ont baissé en moyenne de 2,6 % mais « tous les directeurs n’ont pas joué le jeu ». Sur 1 325 magasins enquêtés, 570 (54 %) ont appliqué des baisses supérieures à 2,6 %, 121 (12 %) une hausse des prix supérieure à 1 % et 88 (6,7 %) une augmentation comprise entre 2 et 9,6 %. En moyenne nationale, Leclerc, qui a le plus baissé ses prix sur ces deux dernières années, détrône Auchan à la première marche du podium des enseignes les moins chères. A l’inverse, Monoprix « a continué à déraper en augmentant ses prix de 3,57 % » dénonce le magazine consumériste.

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