Un plan de restructuration industrielle vient d'être annoncé par Tereos dans un communiqué daté du 8 mars. La coopérative sucrière prévoit notamment la fermeture prochaine de l'usine de transformation de betteraves sucrières d'Escaudœuvres, dans le Nord. Seule l'activité logistique serait maintenue sur ce site. L'industriel annonce également un projet d’arrêt de l’atelier de distillerie de Morains (51).
Pour expliquer cette décision, Tereos évoque des « contraintesréglementaires (législatives, sanitaires, environnementales) et économiques qui se traduisent par une réduction durable des emblavements ». Pour la campagne 2023-2024, l'industriel parle d'une baisse des engagements coopératifs qui correspond à « 10% des tonnages ». S'ajoute à cela, une baisse desrendements observés depuis cinq ans. « Une analyse de l’empreinte industrielle a abouti au constat que les volumes de betteraves disponibles ne permettent pas, en période de campagne, à certains sites de fonctionner à pleine capacité », précise Tereos.
Pour ce qui est d'Escaudœuvres, Tereos constate une baisse continue des volumes engagés depuis 2017 pour des raisons agronomiques (rotation culturale, sécheresse,jaunisse). L'industriel indique que depuis quelques années, des transferts de betteraves depuis les autres sites des Hauts-de-France étaient organisés vers Escaudœuvres afin de maintenir la rentabilité de l'usine. La communication du groupe précise que sans ces transferts, « la durée de campagne serait estimée entre 25 et 45 jours en fonction des rendements pour 2023-2024 contre une durée moyenne de 110 jours pour un site tournant à plein régime ».
Des conséquences encore difficiles à mesurer
Quelles seront les conséquences pour les agriculteurs concernés ? Difficile pour l'heure de savoir exactement ce qu'il en est. Toutefois, la communication de Tereos indique que « l'intégralité des volumes livrés par les planteurs dépendants administrativement d’Escaudœuvres seront transformés dans d'autres usines des Hauts-de-France », sans préciser lesquelles. Trois usines du groupe sont situées dans un rayon de moins de 50 km autour d'Escaudœuvres : il s'agit des sites de Boiry et Lillers, dans le Pas-de-Calais, et Origny, dans l'Aisne.
Les réactions politiques sur les réseaux sociaux ne se sont pas fait attendre. Notamment celle du ministre de l'Agriculture Marc Fesneau. « Tereos doit assumer ses choix économiques en transparence, et les expliquer, alors que des engagements ont été pris en 2020 et 2021 sur la pérennité des outils industriels », a t-il affirmé .
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À la suite des rumeurs sur une possible fermeture de la sucrerie @Tereos d’Escaudœuvres, j’attends clarification de la part du président Gérard Clay qui déclarait en janvier 2021👇https://t.co/gblnQ42Pdn
Les salariés semblent aussi avoir été pris de court par la nouvelle. Même si dans son communiqué, Tereos assure vouloir « mettre l’accent sur les reclassements internes pour préserver au maximum l’emploi de ses salariés ». La réorganisation de l'activité entraînerait la suppression de 123 postes à Escaudœuvres d'après Tereos.
Tereos cherche un repreneur pour la féculerie d'Haussimont
Dans le même communiqué, Tereos annonce également être à la recherche d'un repreneur pour le site d'Haussimont. L'usine est dédiée à la transformation d'amidon à partir de pommes de terre fécule. « Au cours des cinq dernières années, Tereos a investi 30 millions d’euros dans cette féculerie et souhaite, aujourd’hui, donner un nouvel élan à cette activité dont le projet serait porté par le potentiel acquéreur », précise l'industriel.