Cette dérogation est d’autant plus absurde qu’elle pénalise à la fois
les propriétaires d’étangs amenés à faire des travaux importants et
onéreux (grilles, pêcheries, canalisations, vidanges, moines), et les
éleveurs qui se verront dans l’impossibilité d’épandre leur fumier et
d’autres effluents.
Ces effluents sont des amendements naturels qui nécessitent, pour leur
valorisation agricole et environnementale, d’être épandus sur la quasi
totalité du territoire de l’exploitation.
Un retrait de 500 mètres en amont des piscicultures exigé pour tous les
plans d’épandage correspond à un gel potentiel de 78 ha pour un étang
d’un ha.
Aujourd’hui, sont concernés les élevages soumis à déclaration et à
autorisation. Mais, demain ! Un arrêté est en discussion pour étendre
ces dispositions aux élevages relevant du règlement sanitaire
départemental, c’est-à-dire à tous les élevages petits et grands.
Des réglementations aussi nombreuses qu’incohérentes, et qui pénalisent
le milieu naturel sur tous les plans :
Sur le plan environnemental : parce que les étangs ne sont pas protégés
des pesticides qui représentent le plus grand danger pour la vie
aquatique. Le retrait de la zone d’épandage des effluents des cours
d’eau qui alimentent l’étang est de 35 mètres, et celui des points
d’eau potable de 50 mètres, et non de 500 mètres.
Sur les productions piscicoles
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Ces productions sont traditionnellement
conduites en parfaite complémentarité avec les systèmes d’élevage, et
en particulier en zone herbagère où les prairies constituent une
protection naturelle à l’étang.
Sur la conduite des élevages
Alors que les agriculteurs font des efforts pour valoriser les
effluents avec des plans d’épandage et des cahiers d’épandage demandés
par les règles de la PAC, ils participent aux recyclages des boues des
stations d’épuration par l’épandage.
Ils sont sollicités pour d’autres valorisations agronomiques de déchets
pour lesquels de plus en plus de surfaces seront nécessaires.
L’Administration, en continuant d’ignorer ces considérations pratiques,
émet un avis favorable à de telles incohérences, et ensuite elle
s’étonne du manque de projets et de vitalité du milieu rural.
La Chambre d’Agriculture regrette que les Administrations et les
Collectivités, pour contourner la réglementation de la pêche par des
dérogations incompréhensibles, proposent de geler plus de 30 % des
surfaces agricoles en croyant sauvegarder la pêche de loisir sur les
étangs.
La Chambre d’Agriculture appelle les instances nationales, régionales,
départementales à plus de bon sens et propose de ramener rapidement les
retraits des zones d’épandage par rapport à ces étangs à 35 mètres
comme pour les cours d’eau. Elle demande le repérage des vrais dangers
pour les milieux aquatiques (déprise, manque d’entretien, etc …).
La concertation départementale, régionale et nationale devra en
préalable ménager les intérêts des agriculteurs et des propriétaires
d’étangs.
Il faut en effet préserver les capacités d’épandage des agriculteurs et
la jouissance des plans d’eau par les propriétaires.
Un vaste chantier pour le nouveau Ministre de l’Ecologie.