Fermoscopie Différents enjeux pour les circuits courts

- - 3 min

Maud Bouchet, consultante et formatrice à l’Isara, a présenté la complexité des systèmes alimentaires et leurs enjeux. « Quand on s’intéresse aux filières, on se rend compte que différents maillons sont présents. On retrouve des opérateurs intermédiaires et quelle que soit la longueur de la filière, on se confronte à des systèmes qui intègrent de multiples dimensions.» Technique, économique ou encore organisationnelle, ce sont ces dimensions qui peuvent rendre les circuits courts diversifiés et complexe à mettre en œuvre.

Des formats hybrides

Avec des échelles de temps très diversifiées, l’équation devient de plus en plus délicate. « Les producteurs ont un cycle long, la transformation prend également du temps parce qu’on peut avoir des dynamiques de recherche et développement. L’échelle de temps pour les distributeurs est assez courte, si ce n’est la rotation des stocks et celle des consommateurs qui est quasi instantanée», illustre Maud Bouchet. Si la tendance est aujourd’hui autour de la relocalisation, plusieurs formes hybrides de circuits courts voient le jour.
« Il y a des circuits qui empruntent des éléments aux circuits courts, comme le raccourcissement de la chaîne, et d’autres éléments aux circuits longs comme l’organisation ou les flux logistiques», observe la formatrice.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

réduction
Suivi
Suivre
agriculture biologique
Suivi
Suivre

De nouvelles attentes

Les tendances de consommation pré-Covid traduisaient une attente de nouveaux aliments dans les assiettes : plus de végétal, plus de protéines alternatives avec une diminution de la consommation de viande et des aliments innovants, avec un impact santé qui est plus important. Les pratiques de consommation ont-elles aussi évolué. « Au niveau de la réduction des déchets et du gaspillage, ce sont tous les maillons de la chaîne qui sont concernés, rapporte Maud Bouchet. On a une augmentation sur les pratiques autour du fait maison et de nouvelles pratiques de conservation et préparation des produits, avec toujours une tendance pour le bio, le local et le direct producteur. »
Des enquêtes consommateurs ont été réalisées pendant le confinement, « sur le comportement, la Covid a eu des effets assez variables. La courbe de fréquentation des grandes surfaces s’est effondrée mais dès les premiers déconfinements, elle est remontée progressivement pour revenir à sa situation initiale », a indiqué Maud Bouchet. En somme, la crise n’a pas bousculé fondamentalement les comportements et habitudes d’achats à moyen terme. « Pendant la crise oui, il y a clairement eu des phénomènes ponctuels. La crise Covid n’est pas une crise alimentaire, il y a eu des comportements liés à l’effet confinement mais elle n’a pas bousculé fondamentalement le rapport à l’alimentation des Français. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu d’éveil, les tendances se sont maintenues voire amplifiées pour certains consommateurs qui ont profité de la crise pour passer sur du local », a expliqué la formatrice.

 

Voir plus

Plus d’articles sur ce thème

Contenus partenaires