Pourquoi évoquer la Chine, quand les oreilles du monde entier sont tendues vers l’Amérique ? Parce qu’aux discours volontaristes venus d’outre-Atlantique ne répondent derrière la grande Muraille que des silences inquiétants. Là-bas, il a été servi à la petite minorité qui a eu accès à l’intervention du nouveau président américain une version caviardée de son allocution, le successeur de George Bush ayant eu l’incorrection de faire référence aux crimes du communisme au cours de son discours d’investiture. Là-bas, les auteurs présumés de l’intoxication par du lait contaminé à la mélanine n’ont pas eu droit à l’indulgence dont ont bénéficié les responsables du scandale de l’hormone de croissance en France
A ce propos, l’affaire de l’hormone de croissance contaminée, qui a tout de même provoqué la mort de plus d’une centaine de personnes en France, soit quatre à cinq fois plus que le variant humain de l’ESB, a abouti au début du mois à un non-lieu général. Ce scandale n’a pas suscité la même levée de boucliers ni la même inquisition judiciaire que l’affaire de la vache folle en son temps ; on se demande bien pourquoi… : trois d’entre eux ont été condamnés à mort et quelques autres à la prison à vie. Là-bas toujours, la crise économique mondiale a des répercussions sourdes mais certaines. La croissance chinoise a plongé en 2008 à +9 %. Evidemment, un tel chiffre provoquerait l’euphorie en France. Mais c’est la plus faible croissance de la Chine en six ans. Entre octobre et décembre dernier, elle est même tombée à +6,8% sur un an. L’usine du monde, qui exporte moins, connaît des ratés. La consommation intérieure chinoise pourrait en faire les frais ; et tous ses fournisseurs étrangers, y compris alimentaires, payer les pots cassés. Et ça, ça risque de faire du bruit…
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