Le constat est unanime chez les industriels : Égalim 2 a permis de préserver la part de matière première agricole dans les tarifs en la sanctuarisant. Cependant la loi a eu des effets pervers sur les hausses demandées au titre des matières premières industrielles et de l'énergie. La grande distribution a traîné des pieds pour prendre en compte l'inflation de ces charges, voire a tout simplement refusé de répercuter les hausses. « La sanctuarisation de la matière première agricole a été interprétée par nos clients comme « je ne prends pas le reste » », dénonce le président de la Coopération agricole, Dominique Chargé. « Égalim 2 est un progrès, mais sur l'énergie il n'y a aucune écoute », constate également le directeur général de l'Ania, Mickaël Nogal. Las de ces fins de non-recevoir, ils demandent à étendre les dispositifs permettant la non-négociabilité et l'indexation automatique du coût des matières premières agricoles, créés par Égalim 2, aux autres coûts industriels concernés par l'inflation. « Il n'est pas normal qu'une situation qu'on subit puisse donner lieu à une négociation », estime Mickaël Nogal qui demande que l'énergie soit comprise dans la part du tarif sanctuarisé. Quant à Dominique Chargé, il se dit favorable à l'« automaticité dans la prise en compte des coûts industriels », comme l'énergie. Seules les PME-ETI représentées au sein de la Feef s'y opposent. Pour leur président Léonard Prunier, pas question de sanctuariser ou d'indexer : « Ce qu'on demande c'est qu'on respecte nos tarifs. »
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