Cercosporiose : l’ITB met au point un nouvel OAD

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L’outil se focalise sur le premier traitement en intégrant la date de semis, la localisation et la sensibilité variétale des deux dernières années. Crédits : © V. Marmuse

L’Institut technique de la betterave (ITB) élabore également un outil d’aide à la décision pour mieux prédire l’arrivée de la cercosporiose. Il est proposé en test cette année à des agriculteurs et sera déployé en 2027.

L’Institut technique de la betterave (ITB) travaille sur un OAD de prédiction de la cercosporiose. « Nous nous appuyons sur dix ans de données de notre réseau d’épidémio-surveillance. Nous intégrons des données climatiques, comme l’humidité et la température, qui simulent les cycles de développement du champignon. Les données Météo France Safran assurent un maillage de 8 km2. Notre modèle prend aussi en compte d’autres variables explicatives mises en évidence grâce à des méthodes empruntées à l’intelligence artificielle, comme la vitesse du vent par exemple », indique Fabienne Maupas, responsable du département scientifique et technique de l’ITB.

Prendre en compte les contournements de résistance

L’outil se focalise aujourd’hui sur le premier traitement (T1) en intégrant la date de semis, la localisation et la sensibilité variétale des deux dernières années. Et ce, pour prendre en compte les contournements de résistance qui évoluent très vite. L’effet variétal peut jouer sur trois jours pour le T1 et plus sur la progression de la maladie. « Pour les T2 et T3, nous avons du mal à évaluer la rémanence des fongicides compte tenu de la diversité des populations de champignons, plus ou moins résistantes aux produits. Nous collaborons aussi avec l’Anses pour tester les capteurs de spores du champignon dans l’air pour améliorer nos prédictions. La modélisation ne doit jamais s’arrêter », précise Fabienne Maupas.

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L’OAD est testé depuis 2025, avec les antennes régionales de l’ITB et les services agronomiques des sucreries (Tereos, Cristal Union et Saint Louis sucre). Il va être proposé à des agriculteurs en test lors de cette campagne. Le déploiement est prévu pour 2027. « Avec Cristal Union et l’outil Xarvio, nous comparons les résultats de nos OAD Cerco. Cette collaboration collective fait progresser les différents modèles. Globalement, aucun des trois ne fonctionne mieux que les autres dans toutes les situations », assure la spécialiste.

Une aide qui ne s’affranchit pas de l’observation

Si les OAD fonctionnent bien en année moyenne, ils peuvent être inexacts en situation atypique. Or, il y a de plus en plus d’années atypiques. « Les OAD ne permettront jamais à l’agriculteur de s’affranchir de l’observation à la parcelle. Sinon, le risque est d’avoir des modèles plus sécuritaires, avec des traitements resserrés. Or, nous devons être vigilants pour préserver tous nos leviers techniques. Il ne faut pas sélectionner de souches de champignons résistantes vis-à-vis des matières actives restantes ou des variétés », conclut Fabienne Maupas.

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