Prairies sensibles : sécheresse – refaire une prairie sensible, c’est possible sous conditions
Les épisodes de sécheresse successifs ont fortement dégradé de nombreuses prairies permanentes. Dans certaines parcelles, le couvert végétal est aujourd’hui clairsemé, avec une baisse importante du potentiel fourrager.
Les épisodes de sécheresse successifs ont fortement dégradé de nombreuses prairies permanentes. Dans certaines parcelles, le couvert végétal est aujourd’hui clairsemé, avec une baisse importante du potentiel fourrager.
Bonne nouvelle pour les exploitants concernés : la réglementation autorise des interventions visant à restaurer le couvert des prairies sensibles, à condition de respecter certaines règles.
Les prairies sensibles restent protégées
Les prairies dites « sensibles » sont des prairies permanentes situées en zone Natura 2000 et présentant un intérêt particulier pour la biodiversité. Dans le cadre de la BCAE 9, leur labour ou leur conversion vers une autre utilisation est interdit.
Cependant, la réglementation prévoit explicitement qu’un travail superficiel du sol peut être réalisé lorsqu’il a pour objectif de restaurer le couvert de la prairie. Cette possibilité est particulièrement importante pour les éleveursconfrontés aux conséquences de la sécheresse.
Restaurer sans convertir
Lorsqu’une prairie sensible a subi des pertes de végétation importantes, il est possible d’intervenir pour réimplanter des espèces fourragères et retrouver un couvert productif. L’objectif doit rester la remise en état de la prairie permanente et non sa conversion vers une culture.
Avant toute intervention, il est recommandé de vérifier le statut des parcelles concernées. Les prairies sensiblessont identifiables sur TéléPAC (couche « Prairies sensibles »).
En matière de prairie sensible, la réglementation autorise les travaux nécessaires à la restauration du couvert végétal dégradé par la sécheresse. Les interventions doivent toutefois rester limitées à une rénovation de la prairieet ne pas s’apparenter à un retournement complet du sol (labour) ou à une conversion de la parcelle.
En cas de doute sur la technique envisagée, il est conseillé de solliciter préalablement la DDT afin de sécuriser son intervention.
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Des dérogations élargies depuis 2025
Depuis 2025, des exemptions permettent également à certaines exploitations très herbagères de retourner une partie de leurs prairies sensibles.
Sont concernées les exploitations dont la SAU est composée :
- d’au moins 75 % de prairies permanentes,
- et comprenant au moins 25 % de prairies sensibles,
- ou au minimum 10 hectares de prairies sensibles.
Les exploitants éligibles peuvent retourner jusqu’à 25 % de leurs prairies sensibles, dans la limite de 40 hectaressur l’ensemble de la programmation PAC 2023-2027.
Vigilance avant de se lancer
Même si la restauration du couvert est autorisée, les agriculteurs ont tout intérêt à :
- conserver les justificatifs démontrant l’état de dégradation de la prairie (photos ou historique climatique),
- et à se rapprocher de la DDT en cas de doute sur les travaux envisagés.
Certaines situations particulières, notamment en présence d’engagements MAEC ou d’enjeux Natura 2000 spécifiques, peuvent nécessiter des précautions supplémentaires.
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Conclusion
La sécheresse ne condamne pas les prairies sensibles dégradées. La réglementation PAC permet leur restaurationafin de maintenir leur vocation fourragère et leur productivité.
Les éleveurs concernés peuvent donc envisager un réensemencement ou des travaux de rénovation, à condition que :
- l’objectif reste bien la reconstitution du couvert prairial,
- et que les règles de la BCAE 9 soient respectées.
Pour toute opération importante sur une prairie sensible, un contact préalable avec la DDT reste la meilleure garantie.