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La qualité des eaux du bassin Loire Bretagne : entre stabilité et menaces

Suite à l'évaluation de la qualité de l'eau sur le bassin Loire Bretagne, l'Agence de l'Eau note une stabilité par rapport à 2019 malgré une légère dégradation de l'état écologique des eaux en raison notamment des sécheresses successives.

Le changement climatique accélère les pressions sur les ressources en eau et les milieux
Le changement climatique accélère les pressions sur les ressources en eau et les milieux
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Tous les six ans, la France réalise un état des lieux de la qualité des eaux pour chacun de ses bassins hydrographiques, conformément à la directive-cadre européenne sur l’eau (DCE) adoptée en 2000. Cet exercice piloté par les agences de l’eau pour le compte du comité de bassin avec l’appui des services de l’État et de ses partenaires techniques, permet d’évaluer l’état écologique, chimique et quantitatif des eaux.

L'Agence annonce renforcer ses actions sur les pollutions diffuses (nitrates, pesticides, phosphore).

Le bassin Loire Bretagne n'a pas été dispensé de cet exercice. Celui-ci s'étend sur 28% du territoire français dont les départements de l'Allier, le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire et la Loire pour la région AuRA.

Il se caractérise par un fleuve majeur, la Loire, et 135 000 km de cours d'eau. On y trouve également d'importantes nappes souterraines. Au total, se sont donc plus de 2 203 masses d’eau (cours d’eau, plans d’eau, eaux littorales et eaux souterraines) dont la qualité a été évaluée, à partir des données collectées entre 2021 et 2023.

Malgré les sécheresses successives sur cette période, la « qualité de l'eau reste stable » note l'Agence dans son communiqué mais souligne quelques dégradations.

À lire aussi : La réutilisation des eaux usées traitées (REUT), entre fantasme et réalité

Un état globalement stable mais des signaux d’alerte

Le diagnostic des masses d’eau superficielle et souterraine présenté par l'Agence de l'Eau Loire Bretagne met en évidence une légère dégradation de l’état écologique global des eaux de surface, associée à des évolutions contrastées selon les milieux.

Ainsi, 21,4 % des cours d’eau sont en bon ou très bon état écologique (contre 23,7 % en 2017). « Cette baisse s’explique notamment par deux années sèches sur la période 2021-2023, affectant les conditions hydrologiques et biologiques. »

L’état chimique des cours d’eau progresse : 68 % des masses d’eau sont désormais en bon état chimique (contre 57 % en 2019), en partie grâce à la « réduction des substances interdites et à une meilleure connaissance des micropolluants ».

En revanche, les plans d’eau voient leur état chimique se dégrader fortement (45 % en bon état contre 85% précédemment), en raison de la détection accrue de polluants persistants comme le mercure ou le PFOS, désormais analysés dans le biote (organismes vivants).

Pour les eaux souterraines, la tendance se dégrade également :

- la part des masses d’eau en bon état chimique diminue (57 % contre 64 % en 2019) sous l’effet des nitrates et des pesticides ;

- l’état quantitatif se dégrade (73% en bon état contre 88 % précédemment), reflet à la fois d’une pression accrue sur la ressource et les débits des cours d’eau qui drainent ces nappes, et d’une amélioration de la connaissance des prélèvements.

Baisse progressive des taux de nitrates et phosphore

Cette caractérisation de la qualité des eaux permet d’identifier « les efforts à poursuivre vers le « bon état » dans le cadre du prochain Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) et ainsi guider les différentes politiques publiques à mettre en œuvre pour y parvenir » souligne l'Agence.

Des actions ciblées (restauration de cours d’eau, réduction des pollutions diffuses, meilleure gestion quantitative) ont déjà permis des améliorations locales de la qualité et de la gestion de l’eau. Cependant, elles restent « insuffisantes » pour inverser la tendance à l’échelle du bassin. Les résultats actuels ne reflètent pas encore les effets du Sdage 2022-2027, dont la mise en œuvre est récente, mais ils confirment l’efficacité des politiques environnementales engagées depuis les années 1990, visibles notamment sur le long terme.

La baisse progressive des concentrations en nitrates et en phosphore illustre ces effets, l’analyse étant réellement pertinente sur des périodes d’au moins dix ans.

À lire aussi : Stockage d’eau agricole : un cadre clarifié par l’État

Des pressions persistantes sur la ressource et les milieux

Dans cette présentation des résultats, l'Agence de l'Eau pointe du doigt des pressions persistantes sur les masses d'eau dont « les pollutions diffuses agricoles, principalement dues aux nitrates et aux pesticides, en hausse dans certaines zones ».

Si les volumes globaux prélevés sont en légère baisse – principalement du fait de la réduction des besoins pour le refroidissement des centrales électriques – les usages domestiques et agricoles restent soutenus.

Plusieurs indicateurs liés au changement climatique indiquent que les pressions sur les ressources en eau et les milieux s’accélèrent. On note sur le bassin Loire Bretagne une baisse de la recharge des nappes, des étiages plus sévères, une montée du niveau marin, un réchauffement et une acidification des eaux littorales. Ces phénomènes accentuent la vulnérabilité des écosystèmes et appellent à une adaptation rapide des politiques de l’eau.

L'Agence de l'Eau s'appuie sur cet état des lieux pour définir 5 priorités d’action pour le bassin Loire Bretagne. Elle annonce ainsi qu'elle va, entre autres, renforcer ses actions sur les pollutions diffuses (nitrates, pesticides, phosphore) et adapter les prélèvements pour garantir un partage équilibré de la ressource en période de tension.

Ces nouvelles annonces sont loin d'être un bon présage pour la profession agricole qui dénonce depuis plusieurs années l'infléxibilité de l'agence.

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