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"Adapter la dose en fonction du stade de développement du verger"

Le projet Pulvarbo vise à établir différents scénarios d'adaptation des doses en lien avec les évolutions réglementaires nationales et européennes.
© A. Lasnier

 Témoignage de Florence Verpont, ingénieure au centre CTIFL de Lanxade.

 

« La dose pour l’application des produits phytosanitaires s’exprime traditionnellement en litre ou kilogramme par hectare cadastral. Si ce mode d’expression est logique pour les cultures basses, il l’est moins pour les cultures hautes pour lesquelles la surface de végétation à traiter, et donc le niveau de protection nécessaire évoluent en fonction du stade de développement. Depuis 2016, l’expression de la dose pour l’homologation de produits phytosanitaires au niveau européen a évolué, pour les fruits à pépins, la vigne et les cultures légumières hautes. La LWA (Leaf wall area, surface de haie fruitière) est devenue le seul mode d’expression de la dose dans le cadre de l’évaluation zonale des nouveaux produits de protection des plantes. Mais chaque pays membre est libre de faire comme il le souhaite : adopter ce mode d’expression ou le reconvertir dans le mode d’expression déjà en cours. En France, l’heure est à la réflexion, les instances réglementaires orienteront les décisions en tenant compte des résultats obtenus au sein des instituts techniques. Avec la LWA, le verger en haie fruitière est considéré comme un mur dont on calcule la surface, qui évolue au cours du développement de la végétation. Pour calculer la dose de produit à appliquer, une LWA maximale de référence est définie : dès que la LWA du verger atteint cette valeur de référence, on applique la pleine dose. Avant que cette valeur soit atteinte, la dose de produit est corrélée linéairement à la LWA du verger. Au cours du projet Pulvarbo, différents scénarios d’adaptation de la dose ont été testés sur vergers de pommiers : un témoin, pour lequel la dose homologuée est appliquée toute la saison, une modalité où la moitié de la dose homologuée est appliquée toute la saison, une modalité LWA avec une LWA maximale de référence de 17 000 m², une deuxième modalité LWA avec une LWA maximale de référence de 21000 m². Enfin, dans la modalité « grille », la dose appliquée (exprimée en % de la dose homologuée) est prédéterminée en fonction du stade BBCH, de la hauteur et de la largeur de végétation. Au cours de l’essai 2019 au centre CTIFL de Lanxade, il n’y a pas eu réellement de différences entre les modalités, hors témoin, sur la maîtrise des bioagresseurs (tavelure et puceron cendré) : toutes se sont montrées efficaces. Il faut relativiser ce résultat car il est valable sur un site et sur une année, mais en considérant les essais sur quatre ans et sur plusieurs sites, on voit qu’il y a une vraie possibilité d’adapter la dose. La modalité LWA/17 000 m² a peut-être un intérêt moindre dans la réduction de dose, car la LWA maximale est rapidement atteinte au cours de la saison, et donc la pleine dose est très vite appliquée. A contrario, la modalité LWA/21000 m² semble risquée. La modalité « grille » montre un intérêt à la fois pour la diminution de l’IFT et pour la qualité sanitaire obtenue. »

Rédaction Réussir

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