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Wohlfahrtia magnifica, la larve de mouche qui infeste les moutons

Jusqu’alors uniquement présentes en montagne, les larves de la mouche Wohlfahrtia magnifica sévissent depuis quelques années en zone limousine.

Une nouvelle infestation parasitaire est apparue chez les moutons en zone limousine d’abord au niveau du Sud de la Vienne puis dans les départements de Charente et de la Haute-Vienne. En quelques années seulement, la propagation de cette infestation est passée de quelques communes à plus de trois départements. Depuis l’année passée, des cas ont été observés dans le Sud de l’Indre et à l’Ouest de la Creuse. Des suspicions ont été faites dans les Deux-Sèvres.

Cette infestation cutanée est provoquée par des larves de la mouche Wohlfahrtia magnifica. On parle de myiase cutanée. Cette mouche était connue jusqu’alors uniquement dans quelques zones de montagne (à plus de 800 m) en apparaissant de façon ponctuelle et localisée et ayant un impact limité. Ce n’est pas le cas en zone limousine car elle apparaît chaque année depuis plusieurs années et ses attaques sont continues tout au long de sa période favorable (mi-mai à fin octobre). L’origine de son apparition en zone limousine n’est pas connue.

Une mouche discrète qui dépose ses larves dans la chair

La mouche a besoin de déposer ses larves directement sur un animal vivant et en particulier les ovins. On dit que la mouche est larvipose car elle dépose directement les larves (et non pas des œufs) sur des zones délainées humides de l’animal en privilégiant les zones cutanées abîmées, les muqueuses (favorisées lors d’écoulements) et les plaies. Son cycle larvaire composé de trois stades dure cinq à huit jours. Après quoi, elle tombe au sol pour poursuivre son cycle dans le sol : c’est la pupaison. Cette phase dure deux à trois semaines en saison favorable (plusieurs mois en saison non favorable) et par la suite émerge une nouvelle mouche qui entamera un nouveau cycle. Elle apprécie un climat sec et chaud. La mouche a un comportement discret et fugace : elle est très peu visible sur et autour des animaux et elle ne rentre pas ou peu à l’intérieur des bâtiments. La mouche ressemble à un autre diptère, Sarcophaga carnaria, qui très répandu dans la zone limousine ce qui entraîne parfois des confusions.

Très douloureuse et très pénible à retirer

En élevages, le nombre d’ovins atteints par cheptel varie généralement entre 1 % et 30 % mais peut dans certains cas en atteindre plus (données déclaratives 2019). Les conséquences sont catastrophiques tant pour les animaux atteints (santé et bien-être animal) que pour les éleveurs (temps considérable à consacrer aux soins des animaux, perte de production, une fragilité des animaux et une détresse morale du fait des ré-infestations continuelles au cours de la saison à risque et d’une année sur l’autre).

Les larves pénètrent dans les tissus, elles sont tenaces et principalement localisées au niveau de l’espace interdigité (voir photo), de la vulve, des plaies ou encore du conduit auriculaire et de la boucle auriculaire. Elle provoque une douleur intense et des démangeaisons occasionnant une perte d’appétit (brebis creuse), des boiteries (pas toujours visibles) et des surinfections. Il est également possible d’avoir une infertilité transitoire dans certains cas.

Bien que l’espèce très majoritairement atteinte soit l’espèce ovine, des cas de Wohlfahrtia magnifica ont également été observés chez d’autres espèces telles que les bovins, les équins, les porcins et même des chiens.

Une nécessaire analyse des larves en laboratoire

Il faut suspecter cette infestation cutanée lorsque l’on observe une ou des larves blanches difficiles à retirer à l’intérieur d’un orifice (vulve, prépuce, conduit auriculaire…), de l’espace interdigité, d’une plaie sur un animal vivant. La myiase peut être généralement observée de mi-mai à fin octobre.

En cas de suspicion, il faut contacter son GDS et son vétérinaire, réaliser un prélèvement afin de confirmer la suspicion (voir photo) et faire analyser les larves dans un laboratoire adapté. La diagnose de laboratoire est nécessaire car ces larves peuvent être confondues avec les larves d’une autre mouche très connue : Lucilia sericata.

Les larves sur un cadavre permettent d’exclure d’emblée celles de Wohlfahrtia magnifica car elles ont besoin de tissus vivants.

La suite au prochain numéro.

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