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Ÿnsect abandonne l’alimentation animale pour gagner en rentabilité

La start-up, spécialisée dans la transformation d’insectes en produits à destination de l’alimentation et de la fertilisation, a décidé de se séparer de plus de 70 salariés et de se recentrer sur le petfood et l’alimentation humaine.

Ténébrions meuniers.
© Karine Floquet

Ÿnsect, une entreprise pionnière en France dans l’élevage d’insectes, a annoncé lundi 17 avril devoir fermer son usine d’Ermelo aux Pays-Bas, avec à la clef le licenciement de 36 salariés, et lancer un plan de départs volontaires de 38 salariés en France. L’objectif ? Répondre aux exigences des investisseurs qui, « dans un contexte économique compliqué », ont demandé à Ÿnsect « une trajectoire de rentabilité plus rapide que prévu initialement », explique le porte-parole de la start-up.

Cette dernière vient en effet de conclure la première tranche du quatrième tour de sa levée de fond (série D), qui lui a permis de se procurer 175 millions de dollars (160 millions d’euros), auprès de ses investisseurs historiques et autres nouveaux financeurs. Au terme de la série C, en octobre 2020, Ÿnsect avait levé 450 millions de dollars, qui lui ont permis de se développer à l’étranger, notamment aux Etats-Unis avec l’acquisition de Jord Producer dans le Nebraska. La série D devrait se clôturer en fin d’année 2023, avec une deuxième tranche d’appel à financement dont le montant n’est pas connu.

 

Gagner en rentabilité

La fermeture du site de production néerlandais à destination de l’alimentation humaine est justifiée par le manque de rentabilité de l’usine, comparativement aux autres sites de production d’Ÿnsect. Quant aux départs volontaires, il s’agit de salariés français qui travaillaient sur des projets qui ont dû être abandonnés car non suffisamment rentables. « Ÿnsect a recentré sa stratégie sur le développement de produits à plus forte valeur ajoutée et à plus fort impact climat, que sont le petfood (chiens, chats et poules de compagnie, notamment aux Etats-Unis), l’alimentation humaine et la fertilisation des plantes. L’entreprise a levé le pied sur la partie nutrition animale, à destination des élevages porcins, avicoles et aquacoles », précise le porte-parole d’Ÿnsect.

 

Montée en puissance de l’usine d’Amiens

Ÿnfarm, la ferme verticale d’Amiens qui est entrée en service à la fin de l’année 2022, est ainsi dédié au petfood, qui « représente l’immense majorité des futures ventes d’Ÿnsect », indique le porte-parole du spécialiste de l’élevage d’insectes. « Nous avons signé avec nos clients 250 M$ de contrats sur l’usine d’Amiens, qui assurent son activité pour les deux à trois prochaines années », nous confiait, le 28 février au Salon international de l’agriculture, Anaïs Maury, directrice de la communication et des affaires publiques d’Ÿnsect.

Le premier atelier de l’usine, celui de l’élevage des insectes, est en pleine activité, « avec une production supérieure de 25 % au prévisionnel », se réjouit le porte-parole d’Ÿnsect. Dans un deuxième temps, les ateliers de transformation des insectes se mettront en route pour des premières livraisons aux clients du petfood et de la fertilisation des plantes dans le courant de l’été 2023.

 

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