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DOSSIER PHOSPHORE
Après l'épandage, il reste le traitement

Pour les exploitations excédentaires en phosphore, l’alternative à l’épandage repose sur le traitement, avec la problématique de son organisation et de la valorisation des produits.

Si vous êtes éleveur ou futur éleveur avec un projet d’extension ou de création, la première question que vous vous posez est celle de vos capacités à valoriser les effluents sur des terres. Pour des raisons économiques et environnementales, l’épandage doit être votre priorité. Calculette en main, vous trouverez que, selon l’unité de production envisagée, le besoin moyen de surfaces équilibrées sur le phosphore peut varier de 12 à 80 hectares (voir tableau). Il vous faudra peut-être aller à la chasse aux surfaces, avec le risque de rentrer bredouille. Si vous persistez dans votre projet, le traitement s’impose. Contrairement à l’azote qui subit des pertes au cours du processus de transformation, le traitement ne diminue pas le nombre d’unités de phosphore, voire il les concentre. Son intérêt réside dans le fait que le produit fini normalisé est un fertilisant ou un amendement organique déconnecté d’un plan d’épandage. À ce degré d’avancement, quelle méthode de traitement privilégier et avec quelle forme d’organisation ? Il paraît logique de se rapprocher des opérateurs existants pouvant avoir besoin de matière première pour faire tourner leurs installations. Si vous n’en trouvez pas, créez votre unité de traitement.

DÉMARCHE INDIVIDUELLE OU COLLECTIVE

Dans la Sarthe, Alexandre Plu a pris le parti de la démarche individuelle, mais pour traiter l’équivalent de 4 000 m2 il investit 50 000 euros. En ayant investi 36 fois plus en Vendée, la coop Eveil et la Cavac produisent 40 000 tonnes de compost avec un objectif commercial. Les deux démarches ont chacune des avantages et des inconvénients. En individuel, la création est plus rapide, mais l’éleveur devient fabricant et vendeur de compost, avec un temps de travail supplémentaire. En collectif, l’éleveur se décharge sur un tiers, mais il doit respecter des obligations techniques. Il existe aussi la solution du compostage « low-cost » et économe en main-d’oeuvre (pas de retournement) avec des complexes bactériens. Faute de reconnaissance officielle, cette méthode est peu développée alors qu’elle émet moins de gaz à effet de serre.

DES PRODUITS ADAPTÉS AUX MARCHÉS

Un dernier aspect à prendre en compte est la valorisation du produit final. Selon Guy Raymond, gérant de Fertil’Eveil, le fumier de volaille se composte bien,mais « d’un éleveur à l’autre il n’y en a pas deux composts pareils », ce qui pénalise la commercialisation. Pour vendre un produit homogène, Fertil’Eveil a donc opté pour le compostage centralisé et l’obligation d’utiliser de la paille broyée ou du copeau.Quand le marché est porteur, la tentation de faire sa « tambouille » est grande, mais « gare aux déconvenues des utilisateurs avec en retour le risque de dégradation de l’image du compost d’origine avicole » prévient Guy Raymond. Le fumier de volailles, même composté, a parfois une acceptabilité délicate.Dans les régions viticoles ou céréalières, les agriculteurs sont rarement équipés d’épandeur à faibles doses (entre 2 et 3 tonnes/ha). « On pourrait mettre au point des procédés technologiques qui transforment le fumier de volailles en un produit distribuable avec un épandeur à engrais », estime Claude Aubert de l’Itavi. L’ingénieur pense à la densification du fumier en bouchon de 14 à 22 mm. « On le fait bien avec les ordures ménagères. » Ou encore d’enlever la paille de la litière finale pour obtenir un produit similaire à la fiente de poule séchée, considérée comme un très bon engrais. « Les idées ne manquent pas » conclut Claude Aubert « mais il resterait à tester l’épandabilité et la fertilisation de ce genre de produit. » Cela exige de l’argent pour financer cette recherche. Là encore, une mobilisation et une mutualisation intrafilière seraient requises.

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