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Le robot de lavage Lavicole tient ses promesses

À la coopérative Éveil, la qualité et la régularité du lavage s’ajoutent à l’amélioration des conditions de travail des laveurs-salariés.

Le robot de lavage semi-automatisé Lavicole développé par le constructeur Rabaud a été conçu à la demande de la coopérative Éveil de Vendée. Le premier prototype s’est concrétisé en 2017. « La coopérative avait le souci de fidéliser ses laveurs salariés en améliorant leurs conditions de travail, et non de les remplacer par une machine, explique Jérôme Saupin en charge de cette activité. Nous les faisons tourner sur trois prestations : lavage manuel, lavage à la machine et désinfection ».

Avoir un conducteur spécialisé

Pour Jérôme Saupin, l’objectif d’améliorer les conditions de travail a largement été atteint avec un résultat final au moins identique au manuel. Il souligne la régularité du lavage robotisé, notamment des lignes. « La machine n’oublie pas de laver une gamelle par-ci par-là. » En revanche, « il faut un chauffeur à l’aise avec cet engin radiocommandé de plus d’une tonne. On a vite fait d’accrocher une sonde ou une ligne et certains de nos laveurs vont plus vite en lavage manuel qu’avec le robot. » Avec un chauffeur habitué, le gain de temps est vraiment notable sur les bâtiments de nouvelle génération. Plus il est grand et long, plus le robot est efficace et performant. Jérôme Saupin cite six heures et demie de lavage dans un 1 700 m² ayant 9 lignes. « Dans un statique à lanterneau, ou avec des poteaux, le laveur manuel sera plus rapide, mais dès qu’il s’agit de laver beaucoup de lignes, l’écart de temps se creuse en faveur du robot. » En revanche, certains sites ne peuvent être lavés car il faut fournir 5 m3 d’eau par heure.

Des éleveurs encore à convaincre

Ludovic Lecœur, le directeur de la coopérative, regrette que le robot ne rencontre pas plus de succès. « C’est peut-être la conjonction de plusieurs éléments : le surcoût de prestation d’environ dix euros/heure, sachant que notre prix en manuel se situe dans la fourchette haute (moussage systématique), le gain de temps qui est réel mais pas toujours perçu par les utilisateurs, et qu’il faut vaincre les habitudes. » Bertrand Pineau fait partie des convaincus. « Le matériel ressort comme neuf. Mon objectif, c’est d’avoir un bâtiment vraiment propre, plutôt que de chercher à diminuer le coût de lavage. C’est ça le principal ! » Selon Ludovic Lecœur, la pénibilité du lavage se posera de plus en plus. « Il existe peut-être une solution intermédiaire, comme des exosquelettes qui réduiraient les efforts sur les bras et les épaules. »

C’est quoi la Lavicole

À l’extérieur : une pompe à haute pression (140 bars- 87 l/min) alimentée par un moteur essence de 38 CV, avec une cuve tampon de 1000 litres au-dessus de la pompe, et un enrouleur hydraulique avec 100 m de tuyau ;
À l’intérieur : un engin de 1,3 tonne, radiocommandé, avec deux chenillettes à avancement hydraulique écartées de 1,67 mètre, un moteur de 22 CV à essence, permettant :

- Le lavage des parois par un bras articulé (à deux axes de rotation) de 4,6 mètres équipé d’une rampe de six rotabuses interchangeables (14 L/min et à 140 bars) ;

Le lavage des lignes par deux panneaux réglables en largeur et hauteur, ayant chacun un tourniquet avec deux rotabuses pour le lavage latéral, une buse à jet plat au-dessus et au-dessous ;
- Le lavage manuel à la lance (24 L/min-140 bars) avec possibilité de mousse détergente de type canon à mousse.

Moins de pénibilité à coût identique dans l’Yonne

Le robot Lavicole apporte du confort et de l’autonomie dans des sites de grande dimension.

La famille de Thierry Bruggeman exploite sept poulaillers (9400 m2) dans l’Yonne, répartis sur trois sites produisant du poulet (4 bâtiments de 1 200 m2), de la dinde (2 bâtiments) et de la poule reproductrice. Le robot de lavage Rabaud est arrivé en juin 2019, « essentiellement pour améliorer nos conditions de travail » souligne Mathieu, le fils. « Dans notre région, nous avons peu de prestataires de lavage ; cela nous posait des problèmes de disponibilité alors que les vides sont assez courts en volailles de chair. D’autre part, laver nous-mêmes devenait de plus en plus difficile à cause de soucis de santé. D’où la solution du robot ». Avant, les Bruggeman utilisaient deux nettoyeurs à haute pression avec une cuve d’eau tampon et passaient trois heures à deux pour laver à l’eau froide sans détergent un 1 200 m2 (statique sur terre battue des années 90). Aujourd’hui, Mathieu y consacre en moyenne quatre heures en intervenant seul, dans une fourchette de 3,5 à 5,5 heures selon la saison et l’espèce, temps de mise en place et rangement compris. L’éleveur estime que le robot réalise 95 % du lavage en poulet, « peut-être 80 % en dinde, pour repasser sur le bas des parois latérales à la main. En poule repro, on est plutôt à 50 % du travail robotisé car il faut en partie démonter le pondoir et laver beaucoup plus à la main. En revanche, on a la pénibilité en moins. »

Amorti avec 32 lavages par an

Mathieu Bruggeman souligne que la qualité de lavage s’est améliorée, car tout est lavé (notamment le lanterneau). « On insiste plus pour bien nettoyer. Le plafond est plus propre et c’est un mur d’eau qui s’abat sur les lignes de pipettes et de mangeoires. Elles ressortent impeccables, surtout le dessous qui est moins accessible en lavage manuel. » Le robot a été acheté 80 000 euros avec son porte engin. Avec un amortissement calculé sur sept ans et trente-deux lavages par an (24 en poulet, 5 en dinde, un en poule repro comptant pour 3), Mathieu arrive à 360 euros de coût fixe, plus les 90 euros d’essence. « En comptant un coût du travail à 20 euros de l’heure et 450 euros de charges hors entretien, je suis moins cher qu’une prestation à 600 euros pour un 1 200 m2. Nous sommes gagnants. »

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