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Volailles en plein air : mieux surveiller l’infestation parasitaire pour éviter des problèmes sanitaires

Un observatoire conduit par l’Itavi et l’Anses montre une prévalence similaire dans les élevages de l’Ouest et en Auvergne-Rhône-Alpes. L’ajustement des traitements s’avère délicat et on peut craindre le développement de résistances.

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© A. Puybasset

Si l’élevage plein air répond à une demande sociétale et améliore le bien-être des volailles, il les expose aux parasites et hôtes intermédiaires. Éleveurs et vétérinaires constatent que la décontamination s’avère très difficile voire impossible. 

Lire aussi : La région Auvergne Rhône-Alpes s’intéresse aux vers des volailles plein air

En introduisant, le 27 mars à Valence, la présentation des résultats de l’observatoire mis en place durant trois ans par l’Itavi et l’Anses, Léa Ottmann, chargée de mission santé animale à l’Itavi, a rappelé l'importance de surveiller la présence de vers intestinaux chez les volailles élevées en plein air. « Cela permet de connaître le type et le niveau d’infestation des animaux, afin d’éviter des problèmes sanitaires en élevage, sachant que la pathogénicité est variable selon les vers. Toutefois, les parasites non pathogènes peuvent avoir des effets sur la performance.

 

 
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Léa Ottmann, chargée de mission santé animale à l’Itavi. © L. Gouverne

Par ailleurs, il faut avoir en tête que les œufs de parasites survivent jusqu’à un an ou plus dans l’environnement. Et que cela favorise une infestation continue. » Et de commenter : « On sait qu’une charge parasitaire va avoir des conséquences sur les performances, mais on n’est pas encore en mesure de quantifier précisément les effets en fonction de cette charge ».

Privilégier le tamisage

Pour le suivi des élevages, deux méthodes ont été utilisées. Celle des tamisages successifs est plus précise pour poser un bon diagnostic. L’intestin de 4 poules par lot est coupé, le contenu intestinal vidé dans un cristallisoir, passé dans un tamis à 100 et 250 μm, puis observé sur fond noir pour dénombrer les vers. Plus rapide, la coproscopie permet seulement de déceler la présence d’œufs de parasites dans les matières fécales, sans en identifier les espèces. Les résultats des deux méthodes ont été comparés. La précision du tamisage permet de différencier le traitement selon que l’on trouve des nématodes ou des cestodes. Et dans ce dernier cas, de pouvoir envisager la gestion des hôtes intermédiaires.

Spécificité régionale moindre

L’étude a porté sur 65 élevages de chair (26 % en bio et 17 % en circuit court) dont 69 % dans le Sud-Est, et sur 106 élevages de pondeuses (61 % en bio) dont 21 % dans le Sud-Est. Globalement, les portages (plus de 11 vers) ont été similaires dans les deux régions : 96 % dans le Grand Ouest et 89 % dans le Sud-Est pour le code 0, et 92 % dans le Grand Ouest et 100 % dans le Sud-Est pour le code 1. En revanche, des parasites comme Raillietina et Capillaria ne se trouvent pas en Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) pour les volailles de chair. Et les Capillaria ne se retrouvent pas non plus dans les élevages de pondeuses dans le Sud-Est.

Les analyses ont montré des portages importants. Mais il est à noter que les délais des prélèvements après traitement étaient supérieurs aux périodes de prépatence (1), ceci laissant penser que le portage peut être dû à une nouvelle contamination. Les traitements classiques, qui ont pour inconvénient un déclassement des œufs en production biologique, donnent de meilleurs résultats, mais nécessitent une bonne gestion. « Il n’est pas recommandé de traiter systématiquement toutes les 6 semaines, mais de raisonner cela avec le vétérinaire et d’étudier un plan de surveillance spécifique à l’élevage », résume Léa Ottmann.

Quant à la rotation des parcours, conseillée dans tous les cas, elle n’est pas aisée à réaliser. À la suite de cette étude doit être développé un modèle expérimental d’infestation avec Ascaridia Galli pour évaluer objectivement l’impact sur la croissance et la santé des animaux en fonction de la charge parasitaire, tester les produits et pour suivre les résistances qui pourraient exister.

(1) Période s’étendant entre l’entrée de parasites ou micro-organismes pathogènes dans un organisme et la détection de leurs manifestations par des méthodes biologiques
 

Formation

L’Itavi et l’Anses organisent une formation avec travaux pratiques le 26 juin sur le thème : « Les helminthes des volailles : mise en évidence et identification ». Pour en savoir plus : https://www.itavi.asso.fr/page/se-former-avec-l-itavi#Sante.

 

Différents familles d'helminthes

Dans la famille des vers intestinaux, on distingue les vers ronds en majorité retrouvés dans les élevages de plein air et les vers aplatis. Ils absorbent des nutriments qui vont manquer aux volailles et peuvent être pathogènes. 

Lire aussi : Savez-vous différencier les helminthes qui infestent les poules pondeuses

Parmi les vers ronds, on recense des nématodes (Ascaridia, Heterakis, Capillaria) et parmi les vers plats les cestodes comme Raillietina. Selon les espèces, les périodes de prépatence (entre l’introduction dans l’organisme des parasites et l’apparition de formes détectables par les méthodes biologiques) varient de 25 jours à 5 à 8 semaines. La longévité des vers oscille entre 30 semaines et une année, voire davantage.

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