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Choisissez l’enfonce-pieux selon vos usages

Entre les machines portatives et les versions doubles sur tracteurs pour entreprises de travaux viticoles, l’offre du marché en enfonce-pieux est vaste.

Le choix d’un enfonce-pieux dépend d’un certain nombre de facteurs. Selon qu’il s’agit d’une plantation nouvelle ou de remplacement de piquets cassés ou usagers, le besoin en termes de débit de chantier sera naturellement différent. En outre, se conjuguent également d’autres facteurs comme la nature du sol, celle des piquets (bois ou métallique), le relief ou encore la nécessité ou pas d’utiliser l’enfonce-pieux pour les amarres ou les piquets de tête.

Les versions les plus économiques sont portées par des opérateurs. Ce sont des machines majoritairement destinées à faire du remplacement, qui viennent substituer la masse à manche. Elles sont employées également dans les zones inaccessibles avec un tracteur. Dans cette famille, on distingue trois types de machines : les enfonce-pieux animés pneumatiquement, ceux animés hydrauliquement et les versions dotées d’un moteur thermique. Les compresseurs se faisant rares dans les vignes, les premiers ne sont quasiment plus vendus chez les viticulteurs. Branchés sur l’hydraulique du tracteur, les seconds peuvent être accrochés à une suspente pour soulager l’opérateur, qui peut le décrocher pour atteindre un piquet distant du tracteur. Mais les modèles avec un petit bloc-moteur quatre temps sont les plus mobiles. "Certes, ils sont moins puissants que des machines sur tracteur, mais il faut moins de temps pour les positionner correctement ou pour rattraper la trajectoire, explique Bertrand Tisné, commercial chez Pajot, qui importe un appareil de l’australien Christie au tarif de 2 090 euros HT. Il mettra potentiellement plus de temps pour enfoncer un profilé fin, mais ne le pliera pas." Si l’appareil, limité à des piquets de moins de 107 mm de diamètre, génère des vibrations, ces dernières sont bien en dessous de la norme. D’un poids de 15,6 kg, l’outil est juste au-dessus du seuil de pénibilité (15 kg). " Mais, il faut comparer l’usage de cet appareil à celui d’une masse avec manche, rappelle Bertrand Tisné. Selon la MSA de Gironde, les contraintes sur le corps sont moindres que celles liées au mouvement de rotation du dos avec la masse."

Masse ou percussion

Quoi qu’il en soit, dans des sols à forte résistance, le modèle thermique arrivera vite à ses limites, qui plus est avec des piquets en bois, dont la surface de section est bien plus importante que celle d’un profilé. Dans ces conditions, les enfonce-pieux montés sur engins motorisés (tracteurs interlignes ou enjambeurs, machines à vendanger, chenillettes, minipelles, etc.) s’avèrent moins fastidieux que les outils portés par les opérateurs. Les constructeurs d’enfonce-pieux proposent deux types de technologie : la masse et la percussion.

Les modèles à masse sont les plus économiques, débutant autour de 5 000 à 6 000 euros. Ils reproduisent le mouvement de la masse avec manche, avec un poids beaucoup plus important pour offrir une force de frappe plus élevée. Un vérin hydraulique assiste la remontée de l’outil. En modulant la hauteur de remontée, l’opérateur joue sur la force de frappe, sans pour autant la maîtriser pleinement. "Si le piquet rencontre une résistance forte, il y a un risque plus élevé d’abîmer la tête de piquet ou que ce dernier dévie de la trajectoire prévue", souligne Yoann Mellerais, commercial pour Rabaud. Conseiller machinisme en Gironde, Loïc Pasdois tend à proscrire ce type d’enfonce-pieux, qu’il estime dangereux. À défaut de faire appel à une entreprise, Loïc Pasdois conseille de s’équiper, en copropriété ou en Cuma, de modèles à percussion.

Plus de puissance pour les piquets bois

Selon les constructeurs, les premiers tarifs d’enfonce-pieux commencent entre 6 000 et 12 000 euros. Sur ces modèles d’entrée de gamme, il faut prêter attention aux performances. "Si l’appareil ne sert qu’à enfoncer des piquets métalliques, les besoins de puissance sont moindres que pour des piquets en bois, explique Philippe Artaud, directeur commercial de Yanigav. Si l’enfonce-pieux peut faire les deux, on change alors de cloche pour un bon maintien du piquet." Sur ce dernier point, les constructeurs proposent bien souvent un système de pince pour éviter que le piquet dévie de sa trajectoire ou tourne sur lui-même, notamment sur les piquets métalliques qui doivent être bien alignés pour l’accroche des fils de palissage. Les appareils pendulaires permettent plus facilement de positionner le piquet à la verticale. Les versions inclinables autorisent la mise en place de piquets de tête. Qu’ils soient à translation manuelle ou hydraulique, les modèles à châssis rotatifs peuvent travailler sur deux rangs en même temps.

Montés sur tracteur interligne, sur enjambeur, sur mini-pelle, sur machine à vendanger, sur chenillette, ou aussi sur mât polyvalent (prétailleuse, effeuilleuse, etc.), les enfonce-pieux à percussion disposent d’une force de frappe modulable et permettent de doser plus facilement la profondeur d’enfoncement des piquets.

La pointerolle pour casser la roche

Autre option majoritairement utilisée dans le cadre d’une plantation, la pointerolle. Métallique et pointu, cet équipement s’adresse aux sols pierreux : il se positionne à l’endroit où est prévu le piquet. Il est enfoncé pour réaliser un pré-trou, avant d’être extrait pour planter le piquet à son tour. Pour l’extraire, il est parfois nécessaire d’avoir une chaîne, un appui au sol ou un levier combiné à la percussion pour ôter la pointerolle coincée dans la roche. Certaines entreprises de travaux viticoles ont carrément spécialisé un tracteur à la plantation de piquet, avec un enfonce-pieux avant avec pointerolle et un second, ventral, pour le piquet, pour un investissement autour de 55 000 à 60 000 euros. D’autres entreprises ont préféré se tourner vers le positionnement par satellites avec un placement automatisé d’une précision centimétrique (GPS RTK). Outre l’implantation impeccablement alignée des piquets, cette technologie permet de faire l’économie de main-d’œuvre pour le positionnement des piquets. Cette prestation qui tend à se démocratiser n’a, selon Loïc Pasdois, "d’intérêt que si la plantation de la vigne est réalisée de la même façon et que l’on utilise les mêmes données GPS pour les deux prestations".

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