Vins effervescents : « Les consommateurs ne célèbrent pas moins, mais différemment »
Alors que le marché mondial des effervescents connaît un recul depuis trois à quatre ans, certains produits tirent leur épingle du jeu. Analyse des tendances du moment.
Avec un recul de 6,3 % par rapport à 2024, le marché mondial des vins effervescents a continué à se contracter en 2025, à 33,6 milliards d’euros. « Mais moins que les vins tranquilles », relativise Rafael Del Rey, analyste économique espagnol. Toutefois, les perspectives des ventes sur le premier marché au monde, les États-Unis, ne sont pas bonnes au premier trimestre 2026. Dans ce contexte difficile, le prosecco a mieux résisté, continuant à progresser aux États-Unis ou même en France !
En recherchant les tendances qui se vendent bien actuellement, il a trouvé beaucoup de produits avec des bulles, du sucre, des parfums, des canettes. « Le marché des effervescents a tendance à se polariser, avec d’un côté les cuvées haut de gamme et de l’autre, les populaires. Face à cette demande qui évolue, il faut se demander où l’on souhaite se situer », pose Rafael Del Rey, qui conseille de diversifier la gamme, quelle que soit la taille de l’entreprise et d’améliorer le commerce.
« Nous avons un vin pour ce moment »
« Les consommateurs ne célèbrent pas moins, mais différemment, plus fréquemment, et de manière moins formelle », confirme Antoine Violette, intervenant à Neoma business school. Selon lui, le consommateur ne choisit pas un vin mais un moment. « La clé de l’avenir est de savoir décrypter ces attentes, différentes en fonction des instants de vie », soutient-il. Certains l’ont déjà compris, comme en témoigne cette campagne de communication australienne qui déclare : « nous avons un vin pour ce moment », en illustration de plusieurs scènes où des jeunes jouent aux jeux vidéo, un couple passe une soirée tranquille, etc.
Avec l’aide des étudiants de Neoma business school, il a repéré quelques tendances telles que la « cocktailisation » (le vin effervescent devient un ingrédient), les « no-low », les « ready-to-drink » (boissons prêtes-à-boire avec un mélange déjà effectué en bouteille), et l’ASMR (autonomous sensory meridian response) sur les réseaux sociaux. Ce dernier phénomène consiste à produire des sons pour relaxer les auditeurs. « Avec le pop du bouchon ou le pschitt, vous êtes au top », lance Antoine Violette. « Allons sur le spritz champenois, il y a des volumes à la clé », incite-t-il, un brin provocateur.