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Sur quel SO2 se baser pendant l’élevage ?

Actif, moléculaire, libre, total… Quelle valeur de SO2 faut-il prendre en compte pour bien protéger ses vins pendant l’élevage ?

<em class="placeholder">schéma : quel SO2 choisir</em>
© I. Aubert
 

« Le SO2 actif permet de faire un travail de précision »

 

 
<em class="placeholder">Sophie Trettel œnologue conseil et responsable du service œnologie Sicavac</em>
« Le SO2 actif est assez facile à calculer avec l'aide de nombreux calculateurs en libre accès sur internet », explique Sophie Trettel. © N. Gevrey

« Dans la région de Sancerre, nous produisons des blancs de sauvignon à 80 %. L’élevage fait partie de la tradition et il faut aussi conserver les vins commercialisés au fur et à mesure de l’année. Pour moi, la première porte d’entrée pour protéger de l’oxydation est le suivi du SO2 libre, avec l’idée de se situer entre 10 et 20 mg/l.

Il ne faut pas descendre trop bas, car on risque de produire de l’éthanal pendant une phase oxydative et ensuite, le SO2 que l’on pourra ajouter va tout de suite se combiner. Le suivi sera aussi différent en fonction du contenant : je conseille de faire une analyse plus régulièrement sur des cuves à plafond mobile, par exemple. Tout en vérifiant que le SO2 total ne dépasse pas la limite autorisée, soit 150 mg/l pour les vins blancs en bio, 200 mg/l pour les vins blancs conventionnels secs.

​​​​​​La deuxième étape, pour aller plus loin, consiste à se préoccuper du SO2 actif ou moléculaire. Cette fraction active du SO2 varie en fonction du pH, de la température, du degré et du soufre libre déjà présent. Là, la valeur cible va se situer entre 0,35 et 0,6 mg/l. Cet indicateur va permettre de faire un travail de précision, sur-mesure pour chaque cuvée, en fonction de ses objectifs : est-ce que je souhaite être tranquille ou « sur le fil » ? Il est assez facile de calculer le SO2 actif – à condition de connaître le pH – avec l’aide de nombreux calculateurs en libre accès sur internet. »

« Avec nos pH champenois, 7 à 8 mg/l de SO2 libre suffisent »

 

 
<em class="placeholder">Maximilien Danré, œnologue conseil O2C</em>
En Champagne, Maximilien Danré conseille de limiter le SO2 libre durant l’élevage en cuve pour que les levures qui effectuent la deuxième fermentation puissent travailler sans problème. © DR

« Pour ma part, je réfléchis plutôt en terme de SO2 libre pendant que les vins sont en élevage. C’est une référence plus connue pour communiquer avec les vignerons. Sachant que le SO2 libre est lié au SO2 actif et au pH, j’interprète les résultats selon la gamme de pH dans la région, qui varie en moyenne entre 3,05 et 3,15 sur les cuvées et 3,20 à 3,40 sur les tailles.

Avec ces pH, nos vins sans sucres résiduels et FML faite, le milieu est peu propice aux développements microbiens. Aussi, je conseille une teneur de 7 à 8 mg/l de SO2 libre, surtout pour protéger de l’oxydation. Dans ces conditions, nous n’avons pas vraiment à nous préoccuper de ne pas dépasser la dose maximale de SO2 total autorisée. La plupart des vins de base champenois se situent en dessous 45 mg/l de SO2 total.

L’intérêt de limiter le SO2 libre durant l’élevage en cuve va être d’arriver aux alentours de zéro à la mise, pour que les levures qui effectuent la deuxième fermentation puissent travailler sans problème. Avant la mise, je vais tout de même vérifier la teneur en SO2 actif ou moléculaire. Je vais surtout être vigilant sur les pH bas, inférieurs à 3.

Ensuite, au dégorgement, je conseille souvent un ajout de 5 à 10 mg/l de SO2 sous forme de bisulfite, avec la liqueur d’expédition. Il va se combiner et tendre vers zéro en quelques mois, quand le vin sera consommé. »

« Nous préconisons un taux de SO2 actif à 0,6 mg/l »

 

 
<em class="placeholder">Olivier Gigaud, œnologue-conseil, Oenocentre de Soussac </em>
« Dans les vins avec des pH élevés, il est possible d’acidifier pour optimiser le sulfitage », souligne Olivier Gigaud. © Alain Gilbert Photographe

« Dans la région, l’élevage est une pratique courante mais nous avons aussi beaucoup de stocks. Les teneurs en SO2 sont donc une préoccupation, notamment pour les vins bio, où la teneur maximale autorisée en SO2 total est plus faible qu’en conventionnel.

Pendant cette période, il faut bien vérifier le SO2 actif. Nous préconisons une teneur de 0,6 mg/l. Malheureusement, nous sommes parfois obligés de faire des compromis et de ne pas aller jusqu’à la dose objectif, pour ne pas trop augmenter la dose de SO2 total.

Dans ce cas, pour protéger les vins, je conseille de les maintenir le plus possible au froid, de soutirer sous azote pour limiter les entrées d’oxygène qui combine le SO2 ou encore de vérifier que les cuves soient pleines et qu’elles ne débordent pas au printemps, quand les températures remontent. Dès février-mars, je recommande de faire un contrôle microbiologique. S’il y a une pression, réajuster le SO2 actif à sa valeur objectif.

Dans les vins avec des pH élevés, 3,8, voire 4, comme nous pouvons en voir, il est possible d’acidifier pour optimiser le sulfitage. Le mieux est de faire des essais pour déterminer la dose d’acide tartrique ou lactique, plus souple. »

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