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L’Ironhand, une aide pour les sécateurs manuels lors de la taille de la vigne

Hubert Béraud-Sudreau, vigneron bordelais, a testé pour nous le gant « bionique » de Gobio lors de la taille. Voici ses impressions.

Le vigneron bordelais Hubert Béraud-Sudreau a testé l'Ironhand de Gobio. Il estime qu'il apporte une assistance intéressante mais moindre qu'un sécateur électrique.
Le vigneron bordelais Hubert Béraud-Sudreau a testé l'Ironhand de Gobio. Il estime qu'il apporte une assistance intéressante mais moindre qu'un sécateur électrique.
© C. de Nadaillac

Le gant bionique est-il l’avenir du tailleur ? Pour en avoir le cœur net, nous avons demandé à l’entreprise Gobio de nous prêter l’un de ses Ironhand. Le viticulteur bordelais Hubert Béraud-Sudreau, a réalisé une prise en main lors de la taille de sa vigne.

 

 
Des capteurs situés aux extrémités des doigts et au niveau de la paume actionnent des « tendons artificiels » qui ferment la main.
Des capteurs situés aux extrémités des doigts et au niveau de la paume actionnent des « tendons artificiels » qui ferment la main. © Gobio
Le principe de ce gant est simple : la main réalise le mouvement ; le gant effectue le serrage. Pour ce faire, le gant dispose de capteurs situés au bout des doigts et dans la paume, qui actionnent cinq « tendons artificiels » et provoquent la fermeture de la main. Le gant est alimenté par une batterie.

 

 

 
L'Ironhand de Gobio est constitué de plusieurs éléments : un harnais dorsal recevant l'unité centrale, une télécommande, un câble, deux brassards de serrage et un gant.
L'Ironhand de Gobio est constitué de plusieurs éléments : un harnais dorsal recevant l'unité centrale, une télécommande, un câble, deux brassards de serrage et un gant. © C. de Nadaillac
L’ensemble se compose donc de plusieurs éléments : une unité centrale dorsale située verticalement dans un harnais réglable et ajustable, une télécommande clipsée sur la poitrine, le gant, et deux brassards de serrage pour éviter que le fil ne gêne l’utilisateur lors de ses mouvements.

 

Le gant coupe bien les petits bois mais difficilement les gros

La première étape consiste à revêtir l’ensemble ; une opération que le responsable activité de l’entreprise, Benoît Sagot-Duvauroux évalue à une minute lorsque l’utilisateur est habitué. Puis il faut apprendre le mouvement au gant. La première fois, il ne l’effectue pas mais le mémorise. La seconde fois, il le réalise. Il est alors prêt à travailler. La puissance du gant se règle sur la télécommande. Cette dernière dispose également d’un indicateur de charge de la batterie.

La prise en main est très simple. Il suffit de tailler normalement. La main indique le mouvement, le gant apporte de la puissance, que l’utilisateur sent bien. Cela facilite la coupe des petits sarments. La sécurité est bonne. Aucun câble ne se balade, et le viticulteur n’a pas de risque de se couper l’autre main.

 

 
La batterie et l'unité centrale sont positionnées assez haut le long de la colonne vertébrale. Elles ne pèsent pas sur les lombaires.
La batterie et l'unité centrale sont positionnées assez haut le long de la colonne vertébrale. Elles ne pèsent pas sur les lombaires. © C. de Nadaillac
L'unité centrale est bien positionnée et ne pèse pas sur les reins. En revanche, le vigneron a regretté que l’adéquation entre le gant et son sécateur ne soit pas parfaite, le sécateur ne se positionnant pas sur tous les capteurs. Il a par ailleurs rencontré des difficultés à tailler les gros bois, même à puissance maximale. De même, par instants, si on bouge ne serait-ce qu’un peu un doigt, l’ensemble du gant se ferme. « Un phénomène que l’on retrouve aussi avec les sécateurs électriques », a nuancé le responsable Gobio.

 

Un outil qui peut réaliser d’autres tâches que la taille

Au final, Hubert Béraud-Sudreau juge que l’Ironhand est un outil « intéressant, qui soulage lors de la taille. Il apporte une certaine assistance mais il ne remplace pas un sécateur électrique ». Selon lui, ce produit correspond davantage à un usage répétitif mais nécessitant peu d’effort. Benoît Sagot-Duvauroux confirme que d’autres utilisations sont possibles, comme le serrage des fils pour mettre l’agrafe au relevage. Il ajoute que Gobio va sélectionner des sécateurs manuels adaptés à l’utilisation de l’Ironhand.

 

 
Le gant, son fil et la plaque recevant la batterie passent en machine.
Le gant, son fil et la plaque recevant la batterie passent en machine. © C. de Nadaillac
Au niveau de l’entretien, le gant, son câble et la plaque de connexion à la batterie se mettent dans un sac et se lavent en machine. La batterie est prévue pour tenir 8 heures en utilisation normale. Elle se recharge en 4 heures et le dispositif est livré avec deux batteries et un chargeur.

 

repères

Ironhand de Gobio

Nombre de modèles : 8 (4 gauchers et 4 droitiers ; S, M, L et XL)

Poids de l'unité centrale : 3 kg

Prix : environ 6 500 euros tout compris ; entre 500 et 600 euros pour un gant seul

on a aimé

Le positionnement et le poids de la batterie et de l'unité centrale, qui ne pèse pas sur les reins

La finesse de coupe, meilleure qu’avec un sécateur électrique

on a moins aimé

L’assistance moindre qu’avec un sécateur électrique

La difficulté d’avoir un sécateur manuel adapté au gant

Découvrez ce gant au travail en vidéo sur notre site reussir.fr/vigne

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