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Les vins rouges légers et fruités font des émules

Vous avez sûrement aperçu les visuels de ces cuvées rafraîchissantes de teinte rouge-grenadine qui font tant saliver : Rouge-frigo, Rouge-clair, Claret… dans les vignobles du sud de l’Hexagone, elles témoignent d’un changement d’époque.

<em class="placeholder">Bouteilles de rouge frigo.</em>
Thibault Brotte a été un précurseur : « J’ai lancé Rouge-frigo en 2020 pour une raison simple, relate-t-il. Je suis un homme de chiffres et je constatais que toutes les boissons qui se boivent fraîches progressaient alors que le côtes-du-rhône rouge baissait. »
© Rouge frigo

À Châteauneuf-du-Pape, Thibault Brotte a été un précurseur : « J’ai lancé Rouge-frigo en 2020 pour une raison simple, relate-t-il. Je suis un homme de chiffres et je constatais que toutes les boissons qui se boivent fraîches progressaient alors que le côtes-du-rhône rouge baissait. » Une fois le constat posé, il ne suffisait pas de passer au froid les bouteilles pour séduire le consommateur. « Ça ne fonctionnait pas, ça masquait l’aromatique, se remémore-t-il, il fallait concevoir une cuvée adaptée. J’ai demandé à mon frère, œnologue, d’y travailler. »

Concrètement cette cuvée est produite à partir de raisins du Gard, « un terroir frais », à partir de grenache et syrah auxquels la Maison Brotte associe des raisins blancs à hauteur de 20 %. Un assemblage qui contribue à la buvabilité de la cuvée, mais c’est la seule information sur le process de vinification que le négociant consent à partager, le reste de la « recette » restant secrète.

Rouge frais, thé glacé, même combat ?

Cinq ans plus tard, Rouge-frigo a trouvé son public, les ventes ont progressé d’année en année. « On a commencé par 100 hectolitres, on commercialise désormais 60 000 à 70 000 bouteilles dans dix-sept pays, observe Thibault Brotte. Les deux gros marchés sont la France et le Canada. Il est intéressant de constater qu’au Québec, la SAQ (1) a référencé quatre cuvées de ce type dans son catalogue. » La tendance n’est donc pas franco-française. « On m’a dit un jour : c’est la même chose qu’avec le thé, quand Lipton a été le premier à lancer le thé glacé », témoigne-t-il.

En attendant que rouge et « frigo » soient officiellement réconciliés, accompagner ce changement profond des habitudes de consommation nécessitera de la pédagogie et passera par des prescripteurs motivés qui ont compris la démarche. Mais là où le vin est en libre-service, en GD, c’est plus compliqué. « Je suis au milieu des côtes-du-rhône classiques, indique Thibault Brotte. Or j’aimerais être avec les rosés ! Mais ce n’est pas facile de sortir des cases. »

On the rocks !

À l’instar de la Maison Brotte, d’autres grands noms se sont engagés sur cette voie-là, comme l’incontournable Gérard Bertrand dans le Languedoc avec ses cuvées Le Chouchou et Rouge clair. Dans le Bordelais, le clairet et autres cuvées misant sur la fraîcheur foisonnent. Le syndicat des côtes-du-rhône rêve même d’apposer la mention claret dans son cahier des charges.

Et voir Michel Chapoutier dans une vidéo mettre sa bouteille de Rouge clair dans un seau à glaçons et puis récupérer un glaçon pour le plonger dans son verre et expliquer les bienfaits de la dilution, voilà une image qui casse les codes !

Cette évolution laisserait à penser que le Beaujolais, vin fraîcheur historique si l’on peut dire, serait sur la voie royale. Malheureusement, sa notoriété écornée l’empêche de profiter pleinement de cette tendance, comme le prouve une énième baisse des volumes de commercialisation de primeur en 2025. « Le beaujolais se fait challenger sur son propre terrain, il doit réagir et miser sur le revival ! », commente Jérémy Arnaud, imaginant pour le beaujolais nouveau un même destin que « Les lacs du Connemara » ou « Les yeux d’Émilie », repris en chœur par la génération Z.

(1) Société des alcools du Québec

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