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[VIDEO] - Les fraises interceps pour mulcher et désherber les vignes

Travaillant au pied du rang, les fraises interceps font leur retour et suscitent la curiosité des viticulteurs.

Au dernier Sitevi, les visiteurs ont vu débarquer deux machines composées de fraises travaillant en bordure de rang, couplées à des outils pour travailler le sol sous le rang. Il s’agit de l’Agile du constructeur italien Alpego et du Terra Ranger du néerlandais Van Wamel Perfect. Nécessitant 50 ch de puissance de tracteur, les deux types d’appareils se composent de deux fraises à lames en L entraînées par la prise de force du tracteur et travaillant une bande de 25 à 30 cm de large jouxtant le rang. Ces fraises sont complétées de roues Kress (optionnelles) sur le Terra Ranger, montées en amont des outils rotatifs, et de lames interceps (ou disques butteurs ou décavaillonneurs) placées derrière les fraises et couplées à des palpeurs sur l’Agile.

 

 
Le Terra Ranger est annoncé pour travailler jusqu'à 15 km/h.
Le Terra Ranger est annoncé pour travailler jusqu'à 15 km/h. © Van Wamel Perfekt

Capable de travailler jusqu’à 15 km/h, selon le constructeur néerlandais, le Terra Ranger se distingue par son châssis et son entraînement autorisant une conversion rapide d’une position arrière à un attelage avant. Le contrôle de la profondeur (jusqu’à 7 cm) s’appuie sur quatre roues montées en tandem pour un bon suivi du sol et une bonne régularité de travail. Il se décline en deux largeurs : 2,30 à 3 m pour le plus petit et jusqu’à 3,50 m pour le plus grand.

 

Autocentrage sur l’Agile

L’Agile se démarque par ses tôles palpeuses qui pilotent l’écartement entre les fraises et l’autocentrage de l’outil. Cela permet aux outils rotatifs d’être toujours au plus près des rangs, ceci même si le chauffeur se déporte d’un côté ou de l’autre dans l’interrang. La bande travaillée par l’intercep est sensiblement toujours de la même largeur et une lame courte suffit à la travailler : cette dernière retrouve plus vite sa position qu’une lame longue.

Le contrôle de la profondeur s’appuie sur le relevage et sur deux roues arrière pilotées hydrauliquement. Le conducteur indique sur son terminal en cabine la profondeur voulue, ainsi que des fourchettes haute et basse. L’outil s’appuie sur des palpeurs au sol (pouvant servir à ramener la terre vers le rang) pour contrôler la profondeur et corriger au besoin à l’aide des vérins des roues.

 

 
Sur l'Agile, le conducteur rentre sur le terminal en cabine une profondeur de travail avec un seuil haut et un seuil bas. L'appareil corrige automatiquement les réglages de profondeur dès lors qu'il détecte, à l'aide de palpeurs, que l'on dépasse ces seuils.
Sur l'Agile, le conducteur rentre sur le terminal en cabine une profondeur de travail avec un seuil haut et un seuil bas. L'appareil corrige automatiquement les réglages de profondeur dès lors qu'il détecte, à l'aide de palpeurs, que l'on dépasse ces seuils. © L. Vimond

En bout de rang, le conducteur peut, d’un seul appui sur un bouton, rentrer les interceps et les fraises, afin de gagner en maniabilité et de ne pas générer de casse. Affiché à un tarif culture de 35 000 euros, l’Agile est proposé en deux modèles M (220-270 cm) et L (240-320 cm), en attendant une version S (190-230 cm).

 

« Sans la fraise, la lame ne pénétrerait pas »

 

 
Travaillant 25 à 30 cm selon les marques, les fraises réalisent une terre fine et détruisent les herbes les plus hautes.
Travaillant 25 à 30 cm selon les marques, les fraises réalisent une terre fine et détruisent les herbes les plus hautes. © L. Vimond

Ces solutions présentent plusieurs avantages. Les fraises réalisent un émiettement fin, aussi bien de la terre que des herbes, même les plus hautes. Attention cependant aux espèces à fort pouvoir de reproduction végétative, pour lesquelles la fraise aura plutôt tendance à favoriser la multiplication.

 

« Les fraises facilitent la pénétration et le travail des lames derrière », observe Jean-Marie Begey, vigneron à Villars-les-Bois en Charente-Maritime, lors d’une démonstration, sur son domaine, de l’Agile par la concession Vitidis (distributeur Alpego). Lors de cet essai dans une parcelle pentue, aux sols secs et durs, les différences de niveaux entre les rangs de vigne ont limité l’appareil à une vitesse de 4-4,5 km/h. Joël Mayoux, directeur commercial de Vitidis, assure que « dans des conditions plus favorables, il est possible de tutoyer les 10 km/h. Plus on va vite, mieux ça travaille ».

Dans les sols pierreux, il peut être utile de s’équiper d’un cardan avec limiteur de couple, pour ne pas être arrêté trop souvent à changer les boulons de sécurité. Le lestage avant avec une masse, de 250 kg lors de la démonstration, est requis pour soulever en toute sécurité le poids de près d’une tonne de l’Agile (820 kg pour le Terra Ranger).

 

 
Selon la nature des sols et les vitesses d'avancement, un léger lissage peut être généré.
Selon la nature des sols et les vitesses d'avancement, un léger lissage peut être généré. © L. Vimond

Jean-Marie Begey émet une réserve quant au lissage généré par les fraises, un point qui tend à disparaître avec la vitesse. Même son de cloche de la part du constructeur Boisselet, pionnier sur cet outil, qui propose depuis quelques années la Daguenette, une fraise pour vignes étroites et qui met également en garde contre les risques d’érosion dans les pentes importantes. Décliné en deux largeurs de 15 et 22,5 cm, cet outil permet de marquer avec précision la limite entre enherbement et zone cultivée et de faciliter le travail de l'intercep qui suit, sans générer de flux de terre transversal.   

 

VIDEO - Découvrez la fraise intercep Alpego Agile en action

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