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Les exportations de vins et spiritueux à nouveau à la peine en 2025

La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France a dévoilé les performances de la filière à l’exportation en 2025. Voici ce qu’il faut en retenir.

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Gabriel Picard, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS) a présenté les résultats 2025 lors du salon Wine Paris.
© C. de Nadaillac

Les résultats continuent de s’éroder

La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS) a tenu sa conférence annuelle sur le salon Wine Paris, afin de communiquer le bilan des exportations de vins et spiritueux 2025. Et que ce soit au niveau du volume exporté, ou de la valeur, tous les indicateurs 2025 sont au rouge. Le chiffre d’affaires est en effet en retrait de près de 8 %, avec 14,3 milliards d’euros facturés, soit 1,3 milliard de moins qu’en 2024. De même, les volumes sont en baisse sur un an de 3,3 %, à 168,1 millions de caisses. Mécaniquement, l’excédent commercial qui en résulte est en diminution de 7,6 %, et se situe à 13,2 milliards d’euros.

 

 
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Graphique = Un chiffre d'affaires qui s'érode depuis trois ansÉvolution des exportations de vins et spiritueux sur dix ans © Source : FEVS

Dans le détail, les vins reculent de 2,8 % par rapport à 2024 en volume, et de 4,1 % toujours par rapport à 2024, en valeur. « Soit un niveau historiquement bas en volume », alerte Gabriel Picard, président de la FEVS. Les spiritueux affichent des résultats encore plus négatifs, avec respectivement -5,2 % et -17,4 % par rapport à 2024. Gabriel Picard voit plusieurs causes à l’enrayement de nos exportations : les tensions géopolitiques, les conflits commerciaux, la fluctuation des taux de change, ou encore l’incertitude et l’instabilité françaises.

Toujours le troisième excédent de la balance commerciale de la France

 

 
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Graphique = Une contribution non négligeable au solde commercial françaisÉvolution du poids de la filière vins et spiritueux dans le solde commercial français © Source : FEVS

Malgré des performances qui s’érodent, la filière vin et spiritueux contribue toujours de manière importante à l’équilibre commercial français. Elle se place en effet à la troisième position de l’excédent commercial, derrière l’aéronautique, avec ses 32,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires (+ 13,6 % par rapport à 2024) et 300 000 emplois directs, et la cosmétique et ses 16,8 milliards d’euros (-2,9 % par rapport à 2024). Elle représente 600 000 emplois directs et indirects. « Mais il ne faut pas oublier qu’il y a quelques années, nous étions le second contributeur à l’excédent commercial », nuance Gabriel Picard.

Pratiquement tous les produits sont touchés

L’exception fait la règle. En 2025, pratiquement toutes les catégories de produits ont été touchées par une baisse en volume et/ou valeur. À l’exception des vins sans IG sans cépage et des « autres mousseux ». Ils enregistrent respectivement une croissance en volume de 7,4 % et 5,2 % et en valeur de 5,9 % et 5,6 % par rapport à 2024.

En rentrant dans le détail par appellation et indication, en vins, les IGP val de loire et IGP méditerranée tirent leur épingle du jeu, avec des progressions tant en volume qu’en valeur par rapport à 2024. Les AOC des bassins bergerac et duras sont en hausse de 5 % en valeur, mais en retrait de 5,8 % en volume sur un an. Les appellations de Bourgogne progressent de 2,3 % en volume mais reculent de 2,4 % en valeur. L’AOC champagne gagne 0,9 % en volume mais perd 4,5 % en valeur. La catégorie « autres IGP » enregistre également des évolutions positives de + 11,1 % en volume et + 4 % en valeur.

Toutes les autres AOC et IGP chutent. Les AOC de Bordeaux sont par exemple en retrait de 8,9 % en volume et de 4,8 % en valeur, celles du Beaujolais de 5,8 % en volume et 7,7 % en valeur. Dans le Val de Loire, les AOC cèdent 2,4 % en volume et 2,6 % en valeur, et dans la vallée du Rhône, elles perdent 6,3 % en volume et 7,6 % en valeur. Les AOC rouges/rosé de Provence marquent elles aussi le pas avec -3,1 % en volume et -6,5 % en valeur. Les AOC du Languedoc Roussillon et de Cahors sont celles qui enregistrent les plus mauvais résultats avec -13,8 % en volume et -21,6 % en valeur pour les premières et -25,1 % en volume et -28,6 % en valeur pour les secondes.

Même topo pour les spiritueux à base de raisins, puisque tant le cognac que l’armagnac souffrent avec -14,7 % en volume (1,06 million d’hectolitres) et -23,8 % en valeur (2,28 milliards d’euros) pour le premier et -22,1 % (10 260 hectolitres) et -13 % (16 millions d'euros) pour le second, le tout par rapport à 2024. Florent Morillon, président du Bureau national interprofessionnel du Cognac (Bnic), confirme ce recul. « Nous avons expédié 141 millions de bouteilles, soit un volume identique à 2010. Nous avons perdu trois ans de croissance », regrette-t-il. Il impute cela aux mesures géopolitiques qui affectent les deux principaux clients du cognac que sont la Chine et les États-Unis. « Avec l’enquête antidumping chinoise, nous avons perdu un quart du marché, rappelle-t-il. L’accord de juillet 2025 n’est pas satisfaisant, car beaucoup de petites entreprises sont encore taxées à 32 %. »

Deux gros marchés sont à la traîne

À l’instar du cognac, les mauvais résultats de la filière vins et spiritueux sont en grande partie imputables à deux de nos gros marchés, que sont les États-Unis et la zone Chine-Hong Kong-Singapour. Les expéditions y sont pénalisées par les conflits commerciaux. Outre-Atlantique, l’instauration des droits de douane de 15 % par Donald Trump conjuguée à un taux de change défavorable fragilisent nos ventes. « Les volumes passent sous le seuil des 30 millions de caisses (-9 %) », note la FEVS. Le chiffre d’affaires sur cette destination perd 21 % (3 milliards d’euros) en un an.

La Chine souffre également, notamment sur des produits comme le cognac et l’armagnac, du fait des enquêtes antidumping. « Le chiffre d’affaires global vin et spiritueux sur la zone Chine-Hong Kong-Singapour atteint 1,8 milliard d’euros », précise la FEVS. Soit une baisse de 13 %.

 

 
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Graphique = Les États-Unis restent notre premier marché exportRépartition des dix principaux marchés export pour les vins et spiritueux, en valeur en 2025 © Source : FEVS

De son côté, l’Union européenne résiste avec un chiffre d’affaires pratiquement stable par rapport à 2024, à 4,1 milliards d’euros (- 1 %). Philippe Castéja, directeur de la maison de négoce bordelaise Borie Manoux pointe notamment la bonne tenue des marchés belge, danois, suédois, ainsi que suisse et anglais pour les vins bordelais. Il signale également de bonnes performances de sa région au Canada et en Afrique, notamment Côte d’Ivoire et Cameroun.

De belles perspectives à moyen terme

L’Amérique latine et l’Inde sont autant de destinations aux belles perspectives pour les vins et spiritueux français grâce aux accords commerciaux européens. La FEVS fonde de grands espoirs à moyen terme dessus. Le Canada a également le vent en poupe du fait « de la décision de gouvernements provinciaux de retirer de la vente les produits américains, en réponse aux différends commerciaux avec les États-Unis », précise la FEVS dans son communiqué.

De son côté, Charles Goemaere, directeur général du Comité Champagne, cite la Hongrie, la Slovaquie ou encore la République tchèque, comme étant des marchés à fort potentiel. De même que le continent africain, où plusieurs pays, comme le Nigeria, la Côte d’Ivoire, la République du Congo ou encore le Togo offrent « des perspectives intéressantes du fait de l’émergence rapide d’une classe urbaine aisée ayant de l’appétence pour des produits premiums », poursuit Charles Goemaere. L’Afrique du Sud poursuit également son développement, portée par l’essor du cognac. « Avec un chiffre d’affaires en hausse de 22 % sur un an, le marché sud-africain affiche l’une des plus fortes progressions sur un an, tant en volume qu’en valeur », note la FEVS.

La FEVS espère également que l’Union européenne va travailler sur des outils pour soutenir les filières exposées lors de rapports de force politiques. Gabriel Picard a notamment cité l’exemple de la filière soja malmenée aux États-Unis du fait de la politique de Donald Trump envers la Chine. « Une partie des droits de douane supplémentaires collectés par les États-Unis part pour soutenir cette filière », a-t-il insisté.

Les exportations de vins et spiritueux françaises en 2025 ont souffert dans toutes les régions

Estimation des volumes et valeurs exportées en 2025 et évolutions par rapport à 2024

Catégorie ; Volume 2025 (Mhl) ; Évolution Volume (%);Valeur 2025 (M€) ; Évolution Valeur (%)
TOTAL VINS ET SPIRITUEUX ; 15,13 ;-3,3 ; 14341 ;-7,9
TOTAL VINS ; 10,86 ;-2,8 ; 10510 ;-4,1
TOTAL VINS EFFERVESCENTS ; 2,16 ; 2,8 ; 4166 ;-3,5
TOTAL VINS MOUSSEUX ; 2,10 ; 2,8 ; 4137 ;-3,5
Champagne ; 1,12 ; 0,9 ; 3687 ;-4,5
Autres vins mousseux AOC ; 0,47 ; 13,8 ; 275 ; 12,8
Vins mousseux non AOC ; 0,51 ;-1,6 ; 175 ;-4,1
TOTAL VINS PÉTILLANTS ; 0,06 ; 0,2 ; 30 ;-7,2
TOTAL VINS TRANQUILLES ; 8,68 ;-4,2 ; 6320 ;-4,5
TOTAL VINS AOC ; 4,20 ;-5,9 ; 5022 ;-5,0
Alsace ; 0,15 ;-4,5 ; 94 ;-4,8
Bordeaux ; 1,36 ;-8,9 ; 1947 ;-4,8
Bourgogne ; 0,64 ; 2,3 ; 1545 ;-2,4
Beaujolais ; 0,13 ;-5,8 ; 91 ;-7,7
Val de Loire ; 0,38 ;-2,4 ; 327 ;-2,6
Vallée du Rhône ; 0,65 ;-6,3 ; 425 ;-7,6
Languedoc Roussillon ; 0,30 ;-13,8 ; 151 ;-21,6
Provence rouge-rosé ; 0,44 ;-3,1 ; 343 ;-6,5
Bergerac et Duras ; 0,04 ;-5,8 ; 19 ; 5,0
Cahors ; 0,02 ;-25,1 ; 11 ;-28,6
Sud-Ouest ; 0,02 ;-6,8 ; 11 ;-7,0
Autres AOP ; 0,07 ;-3,5 ; 59 ;-1,7
TOTAL VINS À IGP ; 2,78 ;-5,2 ; 829 ;-5,0
Val de Loire (IGP) ; 0,05 ; 4,1 ; 22 ; 0,1
Pays d’Oc ; 1,84 ;-6,7 ; 517 ;-6,2
Terres du Midi ; 0,08 ;-10,5 ; 17 ;-12,2
Autres IGP Languedoc Roussillon ; 0,17 ;-8,4 ; 49 ;-11,3
Bassin Sud-Ouest ; 0,18 ;-7,5 ; 57 ;-3,3
Méditerranée ; 0,11 ; 4,2 ; 48 ; 3,9
Autres IGP PACA, Rhône-Alpes, Corse ; 0,10 ;-10,4 ; 38 ;-9,6
Autres IGP ; 0,24 ; 11,1 ; 80 ; 4,0
TOTAL VINS SANS IG AVEC CÉPAGE ; 0,80 ;-3,0 ; 253 ;-0,0
Cépages blanc ; 0,49 ; 1,1 ; 144 ;-0,5
Cépages rouge/rosé ; 0,31 ;-9,0 ; 109 ; 0,6
TOTAL VINS DE FRANCE SANS IG SANS CÉPAGE ; 0,90 ; 7,4 ; 216 ; 5,9
VDF sans IG sans cépage blanc ; 0,29 ; 7,4 ; 67 ; 11,2
VDF sans IG sans cépage rouge/rosé ; 0,62 ; 7,4 ; 149 ; 3,7
TOTAL VINS DE LIQUEUR ; 0,02 ; 11,7 ; 24 ; 13,7

Source : FEVS

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