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Entretien du sol en vigne à moindre coût : trois vignerons témoignent

Il existe plusieurs leviers pour limiter le coût de l’entretien du sol. Combiner les outils, élargir ses vignes, avoir recours à des châssis doubles ou encore sous-traiter à une Cuma sont quelques-unes des pistes à explorer.

Cadre Emisol de Forge Boisnier permettant de réaliser le travail du sol intercep des vignes sur deux rangs à la fois.
Le recours à des châssis de type Emisol permet de travailler deux cavaillons simultanément, ce qui diminue les temps de travaux.
© X. Delbecque

« L’itinéraire d’entretien du sol le moins cher est celui qui permet de combiner, introduit Christophe Gaviglio, ingénieur spécialisé en agroéquipements à l’IFV Occitanie. Il faut éviter des passages spécifiques pour l’entretien de l’interrang d’un côté et celui du rang de l’autre côté. » Pour ce faire, il recommande de monter les deux types d’outils, par exemple un broyeur interrang et des disques émotteurs, lames bineuses ou étoiles Kress, sur le tracteur et de les passer de concert. Cela augmentera le coût de ce passage spécifique par rapport au passage du broyeur seul, mais au global, cela reviendra moins cher que deux passages.

Combiner l’un des deux travaux avec une autre opération, comme le rognage ou les traitements par exemple, est également une bonne piste. Dans cette optique de combinaison des travaux ou juste de gain d’efficience, le montage entre roues peut simplifier les tâches et limiter les pertes de temps liées à l’attelage et au dételage.

La stratégie d’entretien du sol est à raisonner avec l’objectif de production

Le choix de la stratégie d’entretien du sol va également impacter son coût. « Gérer un enherbement en plein est moins coûteux qu’un travail du sol car moins énergivore », illustre l’ingénieur. Mais elle est à raisonner avec l’objectif de production et avec le contexte pédoclimatique de la parcelle.

Certains choix structurels allègent également le budget nécessaire pour l’entretien du sol, à l’instar de la restructuration des parcelles vers de la vigne large. « Cela permet d’aller plus vite », approuve Christophe Gaviglio. Dans ce même ordre d’idée, opter pour des châssis de type Emisol ou Viti Rider, permet de doubler le débit de chantier, malgré un investissement de départ important. Cela peut être judicieux pour des domaines de taille importante.

La Cuma, une bonne idée s’il y a une personne dédiée

Le recours à des ETA n’est pas forcément une voie d’optimisation financière, mais plutôt une question d’organisation du travail. En revanche, passer en Cuma peut revêtir un intérêt. « Il peut notamment y avoir une carte à jouer si l’un des membres de la Cuma se spécialise dans l’entretien du sol, souligne Christophe Gaviglio. Le fait de connaître les réglages, de bien suivre l’entretien des outils, etc., limitera la perte de temps liée à cette tâche. »

Lire aussi : La Cuma Braud Saint-Louis joue collectif pour favoriser l'accès aux interceps

Enfin, l’entretien du matériel est un point à ne pas négliger. « Il faut faire durer les appareils le plus longtemps possible, pose l’ingénieur. Ces outils subissent de fortes contraintes. Il faut leur accorder une attention particulière. » Le remplacement de pièces d’usure par du carbure peut aussi avoir du sens, selon son type de sol.

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