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Dix étapes pour ausculter un BIB abîmé

Sophie Vialis, chargée d’études à Inter-Rhône, a profité de la conférence internationale sur les BIB pour exposer sa méthode d’évaluation des dégâts physiques des poches.

Un défaut dans le conditionnement en bag-in-box (BIB) peut impacter sévèrement la qualité du vin
© VI MARK TENDANCE

« Le BIB est un emballage technique parfois plus fragile que le verre. » Tel est le constat de Sophie Vialis, chargée d’études à Inter-Rhône. Les retours clients étant souvent plus nombreux qu’avec les bouteilles, Inter-Rhône a mis au point une méthode d’évaluation des dégâts physiques des poches, dans le but de les identifier, pour les corriger. Cette méthode contient huit étapes. Mais avant de débuter, l’ingénieur souligne l’importance de ne pas avoir manipulé les BIB avant l’expertise et de disposer d’un nombre de poches suffisant pour pouvoir tirer des conclusions correctes.

Tout d’abord, Sophie Vialis conseille d’effectuer une identification des BIB (numéro de lot, date de remplissage…) et un examen visuel tant du carton, que des poches. Il peut arriver que des emballages abritent des champignons, soient gondolés ou tachés. Les poignées ou les cartons peuvent aussi être coupants. Les films, quant à eux, peuvent présenter des griffures, des taches, des bulles d’air, des dépôts, voire même des fuites. Ils peuvent également être désolidarisés.

Vérifier le volume réel de vin par pesée

Une fois l’examen visuel effectué, Sophie Vialis recommande de peser les poches pour voir si le volume attendu est bien similaire au volume constaté, sachant que la masse volumique du vin est proche de 0,99. Pour illustrer sa méthode, elle a pris l’exemple d’une expertise réalisée sur huit BIB de trois litres, envoyés à Inter-Rhône six mois après conditionnement. Dans ce cas, elle a mis en évidence un différentiel de volume allant jusqu’à 4,2 %.

Suivent une mesure du cône d’air du vin, une du taux d’oxygène dissous (avec des résultats allant jusqu’à plus de 9 microgrammes par litre) et des analyses œnologiques (teneur en CO2, taux de SO2 libre, total et actif, indices colorimétriques) et microbiologiques (numération de bactéries acétiques et lactiques, de Brettanomyces et de levures).

À l’issue de cette batterie de tests, Sophie Vialis préconise de déguster les vins. Lors de l’examen pris pour exemple, les trois BIB présentant des taux d’oxygène dissous élevés ont logiquement été jugés oxydés. Une fois les poches vidées, l’œnologue les remplit d’azote et suit la pénétration de l’oxygène, signe d’un BIB fuyard. Enfin, elle clôt l’examen par une étude visuelle des poches plongées dans l’eau, de manière à identifier de potentielles fuites non vues à l’examen visuel, ou de confirmer celles observées. Les trois contenants incriminés par les tests précédents ont alors laissé s’échapper des chapelets de bulles. Pire, dans l’un d’entre eux, une grosse bulle d’air s’est retrouvée piégée entre les deux épaisseurs du film. Au final, lors de cette expertise, Sophie Vialis a établi que les blessures les plus importantes, situées dans la zone de contact avec les poignées, étaient certainement à l’origine des problèmes relevés, ou qu’elles seraient dues à un stockage des contenants avec la poignée vers le bas.

Retours GD : le goût et l’emballage incriminés

Qu’il soit en bouteille, en BIB ou en pouch, les principales causes de retour d’un vin en grande distribution sont le profil sensoriel puis le packaging. Pour arriver à cette conclusion, Philip Bailey, directeur technique de la société de transport International Procurement & Logistics (IPL), filiale de la chaîne de grande distribution britannique ASDA, a analysé les retours clients de ses quelque 500 points de vente, durant un an (avril 2014 à avril 2015). La répartition des réclamations varie néanmoins selon le type d’emballage. Pour la bouteille, le goût représente 71 % des retours, le packaging 15 %, et les corps étrangers, généralement du tartre, 3 %. Pour les BIB, les pourcentages sont respectivement de 75 %, 19 % et 2 %.

Par ailleurs, les retours sont proportionnellement deux fois plus nombreux avec les BIB qu’avec les bouteilles, et les vins rouges posent davantage problème que les blancs et rosés. Enfin, plus un vin est cher, plus les réclamations sont fréquentes.

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