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Dépasser le management pour être dans le leadership

Permettre à ses salariés de grandir, tel est le challenge du leader. Pour cela, il est appelé à se connaître et à compenser les défauts de son tempérament par la vertu manquante ; l’action ou la réflexion.

Alexandre Dianine-Havard est un enseignant spécialisé dans le leadership. Il a notamment publié Le leadership vertueux, traduit dans plus de 20 langues.
© A. Dianine-Havard

Qu’est-ce que le leadership ?

Le leadership est une manière d’être et non une profession ou une fonction, contrairement au management. Personne ne naît leader, alors que l’on peut naître manager. C’est notamment le cas des personnes qui ont un tempérament « colérique », c’est-à-dire qui sont enclines à l’action, qui aiment créer, entreprendre.

Le leadersh au caractère, à la vertu et à la liberté humaine ; il consiste à réaliser sa grandeur dans le service à l’autre, afin de lui permettre à son tour de grandir. Le manager fait avancer les choses ; le leader fait avancer les hommes, et en faisant avancer les hommes il fait par là même avancer les choses. Sa priorité est les hommes. Le leadership, c’est de l’éducation, dans le sens d’educere, faire sortir ce qu’il y a de mieux dans l’être humain. En rentrant chez lui le soir, à la question « Qu’as-tu fait aujourd’hui ? », un vrai leader répondra : « J’ai réfléchi, j’ai écouté, j’ai communiqué, j’ai essayé de comprendre chacun de mes employés et de découvrir leurs talents ». S’il répond : « J’ai fait ceci, cela », il n’est qu’un manager. Or nous sommes tous appelés à être des leaders.

Quelles sont les qualités nécessaires pour devenir un leader ?

Le leadership se base sur quatre grandes vertus de base, qui en sont le fondement : le courage, la maîtrise de soi, la justice et la prudence. Mais sans la magnanimité et l’humilité, deux vertus « sommets » qui sont l’essence du leadership, cela reste de l’intégrité. Une personne intègre n’est pas forcément un leader. Elle le sera seulement si elle possède la magnanimité et l’humilité.

Qu’est-ce que la magnanimité ?

C’est la capacité à avoir un rêve et à savoir le transformer en réalité. Naturellement, nous sommes soit plutôt dans l’action, soit dans la contemplation. Devenir leader suppose donc de se connaître bien soi-même d’un point de vue biologique, et de compenser l’inné par la vertu manquante. C’est le challenge de l’existence. Pour ce faire il faut se poser la question : « Suis-je plutôt colérique ou plutôt mélancolique ? Enclin à l’action ou à la contemplation ? » Une personne sujette à l’action devra approfondir sa vie intérieure, acquérir une certaine grandeur d’âme, afin de ne pas tomber dans l’activisme professionnel, dans l’action aveugle. Une personne de tempérament mélancolique, quant à elle, devra s’efforcer de transformer ses rêves en missions, c’est-à-dire en actions. C’est ce que Martin Luther King, par exemple, a réussi à faire.

Qu’est-ce que l’humilité ?

C’est être au service des autres. Car le plus important dans la vie, ce n’est pas de faire avancer les choses, mais de faire avancer les gens. Pour cela, il faut se demander si l’on sert ses employés ou si on les utilise ; si on essaie de les responsabiliser, de les faire grandir. Un leader doit aider ses salariés à se développer en tant que personnes humaines, afin qu’ils deviennent à leur tour des leaders. Pour les tempéraments colériques, l’humilité est un challenge : le colérique obtient souvent ce qu’il veut, mais s’il ne pratique pas l’humilité, on verra autour de lui de nombreux cadavres, les cadavres non pas de ses ennemis, mais des membres de son équipe…

Comment les viticulteurs peuvent-ils devenir leaders ?

Les vignerons doivent se rendre compte que leur métier est extraordinaire. Le vin réchauffe le cœur et active l’intelligence. En réalisant un métier si noble, les vignerons ne peuvent pas se contenter du management ; ils sont appelés à être des leaders. Et c’est le travail sur eux-mêmes qui va le leur permettre. Ils doivent mettre de la dignité dans la communication avec leurs salariés et dans leurs échanges. Et être capables de réfléchir à l’avenir de leurs entreprises, à la formation de leurs employés. Il faut qu’ils essaient de faire sortir ce qu’il y a de mieux chez chacun de leurs collaborateurs ; de faire éclore leurs talents.

 

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