Dans l’Hérault : « Mon tracteur vigneron high tech me revient à 10 000 euros/an »
Arnaud Lecomte, viticulteur à Pomerols, dans l’Hérault, a fait le choix pour son tracteur de tête d’un modèle premium équipé d’une transmission à variation continue acheté neuf. Il explique pourquoi.
Arnaud Lecomte, viticulteur à Pomerols, dans l’Hérault, a fait le choix pour son tracteur de tête d’un modèle premium équipé d’une transmission à variation continue acheté neuf. Il explique pourquoi.
Installé à Pomerols dans l’Hérault au sein de l’EARL Lecomte, Arnaud Lecomte exploite seul une trentaine d’hectares en appellations AOP picpoul de pinet et en IGP pays d’oc. Depuis son installation il y a vingt-six ans, le viticulteur, qui livre 100 % de sa production à la cave coopérative de Pomerols (Les vins de Beauvignac), a progressivement agrandi son exploitation. « À chaque fois que l’on récupère des terres, on s’achète de la charge de travail, explique-t-il. On passe plus d’heures dans les tracteurs. »
Une transmission à variation continue
Son parc de tracteurs se résume aujourd’hui à un Case IH Quantum 95 F acheté neuf il y a dix ans, à l’équipement assez simple (boîte de vitesses mécanique et inverseur sous charge), et à un tracteur Deutz-Fahr 5115 DS TTV acquis neuf il y a quatre ans. Affichant une puissance de 116 ch (126 avec la fonction Overboost), ce dernier est équipé d’une transmission à variation continue et d’une généreuse pompe hydraulique load sensing délivrant 100 l/min. « C’est de loin le tracteur qui fait le plus d’heures sur l’exploitation, explique Arnaud Lecomte. Entre 500 et 600 heures chaque année, quand le Case IH Quantum en réalise 80 à 100 heures annuelles. » Le vieux tracteur ne réalise plus que les travaux de désherbage et d’épamprage, tandis que le Deutz-Fahr travaille avec le rotavator, la prétailleuse, le décompacteur, le cadre de labour ou encore le pulvérisateur.
« En soi, le Deutz-Fahr ne me ramène pas plus de récolte en fin de saison que le Case IH de 95 chevaux. Mais le débit de chantier est sensiblement plus élevé. Et le confort n’a rien à voir, garantit le viticulteur. Quand on passe de longues journées de 12, voire 14 heures au volant, on est quand même moins fatigué le soir. »
Par ailleurs, faire le choix d’un modèle neuf pour le tracteur de tête constitue le meilleur moyen de se prémunir des risques de pannes. « Quand il faut faire des grosses journées, parce que les fenêtres météos sont courtes, ou quand il faut aller traiter de nuit lorsque les concessions sont fermées, il faut que ça marche », insiste Arnaud Lecomte.
Un choix comptable également
« Nous avons la chance d’avoir une cave coopérative dynamique, avant-gardiste, qui cherche à se différencier, notamment au travers de la recherche de label, poursuit le viticulteur dont l’exploitation est certifiée HVE/Terra Vitis. Cela aide à la vente de nos bouteilles et permet de mieux rémunérer les producteurs. » Cette meilleure valorisation a un impact fiscalement. « Il y a huit ans, lorsque j’ai renouvelé mon tracteur de tête, j’étais parti sur un modèle neuf plus simple. Mais mon comptable m’a incité à investir davantage, sous peine d’être pénalisé par la fiscalité. Je me suis donc orienté vers un tracteur très équipé, afin d’abaisser significativement mes charges sociales et fiscales. » Le viticulteur a alors envisagé d’acheter un tracteur à variation continue. Le choix se limitait à ce moment aux marques Fendt et Same Deutz-Fahr. Et c’est l’essai d’un Deutz-Fahr TTV, équipé d’un moteur quatre cylindres (trois cylindres pour le Fendt), qui l’a décidé à se diriger vers cette marque.
La souplesse de la transmission est un des arguments qui a séduit le viticulteur. La gestion moteur/transmission offre des possibilités plus importantes qu’une transmission mécanique. « Si on veut rouler à 5,5 km/h, on paramètre la vitesse et on ne se pose pas de question », observe-t-il. Le moteur et la transmission vont se réguler pour atteindre la vitesse souhaitée. De même, si le conducteur souhaite travailler à la prise de force, le régime moteur est priorisé par rapport à la vitesse d’avancement, afin d’avoir un fonctionnement optimal de l’outil. Cette régulation a un impact positif sur la consommation de carburant, significativement plus basse que les autres tracteurs qui ont séjourné sur l’exploitation. « Tous travaux confondus, y compris les travaux lourds, je suis à une moyenne de 7,8 litres par heure avec le Deutz-Fahr. Je n’ai pas chiffré la différence avec le Case IH, mais la réduction est flagrante. »
De la place pour les jambes
En termes d’ergonomie, le tracteur de tête affiche de nombreux arguments. Le plancher plat libère de la place pour les jambes, comparativement à une cabine engoncée d’un tunnel central. L’accoudoir multifonction sert à piloter les principales fonctions en ayant tout sous la main. Comme il est solidaire du siège, il permet d’être plus précis dans la manipulation des commandes lorsque le sol est cahoteux. Sur cet accoudoir, le joystick gère à lui seul une bonne partie des commandes de transmission, d’hydraulique… « Et le séquençage de bout de rang, indique Arnaud Lecomte. Je m’en sers tout le temps. Je paramètre les différentes manipulations (gestion des distributeurs hydrauliques, du relevage, de la prise de force, du régime moteur, etc.) une fois au premier passage et après, j’ai juste à appuyer deux fois sur un bouton pour actionner ces séquences : une fois quand on sort du rang, une fois quand on rentre. Cela libère l’attention que je consacre à mes manœuvres. Je me prends moins la tête. » C’est d’autant plus appréciable lorsqu’il y a plusieurs outils attelés sur le tracteur : prétailleuse à l’avant et décompacteur à l’arrière ou encore écimeuse et cadre de labour.
Moins de commandes et de boîtiers en cabine
Pour aider au séquençage des bouts de rangs, mais aussi aux réglages de chaque distributeur en débit et en temporisation, le Deutz-Fahr dispose d’un terminal couleur tactile, monté sur un support mobile, afin de le positionner à sa guise en fonction des besoins de visibilité. Ergonomique et personnalisable, il propose une navigation intuitive et conviviale. Grâce aux réglages fins, le viticulteur a pu faire supprimer une grande majorité des boîtiers externes pour gérer les outils comme la prétailleuse : il pilote désormais directement toutes les fonctions de l’outil depuis le joystick. L’habitacle est ainsi moins encombré.
Doté d’une double filtration et pressurisé, le poste de conduite est homologué classe IV, ce qui protège le conducteur des gouttes, des brouillards et des aérosols des produits phytosanitaires émis par le pulvérisateur. « Avant je n’y prêtais pas attention, avoue le viticulteur. Mais aujourd’hui, je fais gaffe. »
Depuis huit ans, Arnaud Lecomte en est à son deuxième tracteur Deutz-Fahr TTV, qui lui a coûté 105 000 euros. « La marche la plus haute a été franchie avec le premier, explique le viticulteur. J’ai pu le revendre un bon prix, au bout de quatre ans, alors qu’il restait encore trois annuités à payer. Le solde à remettre pour le second était moins important. Aujourd’hui, le coût annuel du Deutz-Fahr est de 10 000 euros. » Il sera remplacé en mai par un troisième TTV.
La barre de guidage facilite la conduite la nuit
Depuis la saison 2025, Arnaud Lecomte a équipé son tracteur d’une barre de guidage Matrix 430 achetée 3000 euros et prise en charge à 50 % par la MSA. « Pour les traitements de nuit, cet écran marque les rangs qui sont travaillés et ceux qui restent à faire. Je n’ai plus à compter les rangs, ni à forcer sur les yeux et je ne me trompe plus. C’est vraiment un outil de confort », apprécie Arnaud Lecomte.
L'EARL Lecomte :
SUPERFICIE : 30 hectares, dont 26 en production
ENCEPAGEMENT : piquepoul blanc (11 ha), chardonnay, merlot, sauvignon, grenache blanc
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