Cognac : anticiper pour assurer la pérennité des exploitations viticoles
Malgré des résultats 2025 corrects, quoique en baisse par rapport aux années précédentes, la viticulture cognaçaise est confrontée au défi d’anticiper la baisse annoncée des produits.
Malgré des résultats 2025 corrects, quoique en baisse par rapport aux années précédentes, la viticulture cognaçaise est confrontée au défi d’anticiper la baisse annoncée des produits.
Avec une baisse des coûts de production de 5 % en 2024 par rapport à 2023, les vignerons de Cognac membres de la clientèle de Cerfrance Poitou-Charentes ont commencé à s’adapter à une conjoncture qui se tend. Selon les chiffres prévisionnels de l’organisme, le coût de production devrait encore diminuer de 10 % en 2025 par rapport à 2024, à environ 9 850 euros par hectare. La baisse devrait impacter particulièrement les postes intrants (-35 %), frais généraux (-9 %) et main-d’œuvre (-5 %).
Face à une diminution de cette ampleur qui a permis de conserver un EBE moyen correct à 5 600 euros par hectare (avec des écarts significatifs entre structures), reste-t-il encore des économies possibles en 2026 ? Pour Cerfrance, il est nécessaire de se projeter dès à présent pour ajuster un plan d’action et évaluer, par exemple, l’intérêt d’utiliser ou pas les outils à disposition pour adapter le vignoble : arrachage VCCI (1) ou arrachage temporaire primé. En effet, côté produit, « pour l’instant, il reste des stocks à écouler à des conditions d’avant crise, mais ce sera moins le cas dans un an ou deux, avec une prise de roulement sur des volumes plus faibles, selon les contrats », anticipe Alexandre Vincent, conseiller d’entreprise référent viticulture Cognac au Cerfrance Poitou-Charentes.
Selon les calculs de l’organisme portant sur 300 exploitations et 10 120 hectares de vignes, le seuil d’équilibre moyen se situe à 9 hectolitres d’AP par hectare pour le millésime 2024. Cet indicateur correspond à la quantité d’alcool pur à commercialiser pour équilibrer la trésorerie. Or la commercialisation réelle a atteint 8,95 hectolitres d’AP par hectare, reflet d’une situation sur le fil.
Plusieurs leviers de rééquilibrage peuvent être étudiés, comme réfléchir à des financements à court terme de stocks ou des modulations d’emprunt, voire de la restructuration de dette. Le fléchage des surplus vers les jus et sucres de raisins ou la réaffectation vers les vins sans IG peut offrir une voie, malgré les incertitudes en matière de prix de vente et de volumes absorbables. « Il ne faut pas hésiter à faire des projections chiffrées pour réfléchir à un plan B si besoin », insiste le conseiller.